Publié le 10 janvier 2024 13:31:00. Après une semaine de perturbations massives sur le réseau ferroviaire néerlandais dues aux chutes de neige, le secrétaire d’État aux Transports publics, Thierry Aartsen, refuse d’allouer des fonds supplémentaires pour adapter les infrastructures aux conditions hivernales, estimant que de tels investissements ne se justifient pas compte tenu de la fréquence limitée de ces événements.
- Le secrétaire d’État Aartsen estime qu’investir massivement pour assurer la continuité du trafic ferroviaire en cas de fortes chutes de neige coûterait entre 3,75 et 5 milliards d’euros par an.
- ProRail privilégie d’autres urgences, comme la protection des infrastructures face aux vagues de chaleur et aux inondations.
- Des économies réalisées sur la maintenance des systèmes de chauffage des aiguillages pourraient avoir aggravé les problèmes rencontrés la semaine dernière.
La semaine dernière, les Pays-Bas ont été paralysés par des chutes de neige exceptionnelles, entraînant d’importantes perturbations sur le réseau ferroviaire. Malgré les critiques, Thierry Aartsen, secrétaire d’État aux Transports publics, maintient sa position : il ne prévoit pas d’investissements supplémentaires pour renforcer la résistance du réseau aux intempéries hivernales.
Selon lui, de telles conditions météorologiques extrêmes ne se produisent qu’une fois tous les cinq ans.
« Cela arrive une fois tous les cinq ans. Ensuite, nous devons dépenser deux fois et demie plus d’argent en transports publics pour quelques jours de neige une fois tous les cinq ans. »
Thierry Aartsen, secrétaire d’État aux Transports publics
Il estime qu’un investissement structurel nécessiterait entre 3,75 et 5 milliards d’euros par an, une somme qu’il juge trop importante au regard de la faible fréquence de ces événements.
« Il faut alors dépenser chaque année cinq milliards supplémentaires sur une base structurelle. Nous devons également gérer correctement l’argent des impôts. »
Thierry Aartsen, secrétaire d’État aux Transports publics
Cette position est contestée par Niels van Oort, chercheur ferroviaire à la TU Delft, qui estime que des investissements plus importants seraient nécessaires pour garantir la fiabilité du réseau. Selon ses estimations, il faudrait prévoir un budget de plusieurs dizaines de millions, voire près d’un milliard d’euros, pour rendre le réseau ferroviaire néerlandais capable de fonctionner en toutes circonstances.
ProRail, le gestionnaire du réseau ferroviaire, justifie également son approche en soulignant l’urgence d’autres problèmes liés au changement climatique. L’entreprise met en avant la nécessité de protéger les remblais ferroviaires asséchés par la chaleur extrême et les voies inondées par les pluies diluviennes, ce qui peut entraîner une instabilité et un affaissement de la voie.
Arriva, un autre opérateur ferroviaire, confirme les difficultés de financement de la maintenance et des investissements.
« En même temps, nous constatons chaque jour, quelles que soient les conditions météorologiques extrêmes, qu’il y a un manque d’argent plutôt qu’un excédent d’argent pour l’entretien et les investissements dans les infrastructures ferroviaires. »
Porte-parole d’Arriva
La situation est d’autant plus préoccupante que ProRail a réduit ses dépenses en matière de chauffage des aiguillages. Depuis l’année dernière, la moitié des systèmes de chauffage ponctuels ont été éteints ou supprimés, ce qui a permis de réaliser des économies estimées à 100 millions d’euros d’ici 2030. ProRail justifie cette décision par la volonté de réduire les coûts de construction, de maintenance et de consommation d’énergie. Cependant, le nombre important de défaillances d’aiguillages constatées la semaine dernière soulève des questions sur l’opportunité de ces économies.
ProRail se défend en affirmant que seuls les points d’aiguillage non essentiels au fonctionnement du service hivernal ont été concernés par ces mesures.
« Il est très important de mentionner que nous chauffons simplement tous les points vitaux pour le fonctionnement de l’horaire d’hiver. Le chauffage des points n’est coupé qu’aux points qui ne doivent pas être utilisés à cet effet. »
Porte-parole de ProRail
L’entreprise assure également que les perturbations auraient été nombreuses même sans ces réductions de chauffage.
Les opérateurs ferroviaires NS et Arriva ne souhaitent pas pointer du doigt ProRail, soulignant la complexité de la situation et l’exceptionnalité des conditions météorologiques. Ils insistent sur la nécessité d’un choix politique clair : soit augmenter les fonds publics alloués au réseau ferroviaire, soit augmenter le prix des billets. Thierry Aartsen, pour sa part, met en avant la spécificité du réseau néerlandais, dense et compact, qui ressemble davantage à un réseau métropolitain qu’à un réseau interurbain.
Le secrétaire d’État se montre néanmoins compréhensif envers les voyageurs affectés par les perturbations.
« Il a des compliments à l’égard des habitants de la Nouvelle-Écosse et de Prorail pour les efforts qu’ils ont déployés pour que tout se passe bien. Il qualifie cela d’ennuyeux pour les voyageurs qui ont dû faire face à cette nuisance. Mais parfois, c’est comme ça. »
Thierry Aartsen, secrétaire d’État aux Transports publics
ProRail reconnaît également que des conditions météorologiques aussi extrêmes sont rares et que les perturbations sont regrettables.
Arriva reconnaît des lacunes dans la communication pendant la crise, notamment des dysfonctionnements des planificateurs de voyages et du site internet. L’entreprise promet une évaluation approfondie de ses systèmes d’information. NS déplore également une panne informatique qui a entravé la circulation des trains. ProRail attend les résultats de ces évaluations pour améliorer ses procédures.
Voici comment les problèmes sur la voie sont résolus :
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