La Dre Marie-Michèle Blouin, dermatologue-oncologue au CHU de Québec, affirme que pratiquement 100 % des cancers de la peau sont liés aux rayons UV.
L’augmentation des diagnostics de mélanome d’ici 2026

Le paysage oncologique actuel montre une tendance préoccupante. Alors que l’incidence de nombreux cancers diminue, celle des cancers de la peau progresse dans toutes les catégories d’âge. Le Dr Denis Soulières, hématologue-oncologue et porte-parole scientifique et médical de la Société canadienne du cancer, souligne que les dommages causés aujourd’hui se manifesteront dans 10, 15 ou 20 ans.
Les chiffres projettent une hausse continue. Selon Radio-Canada, la Société canadienne du cancer estime que 11 300 personnes au Canada et 2 100 au Québec recevront un diagnostic de mélanome en 2026, soit 500 cas de plus qu’en 2025 à l’échelle nationale.
Cette progression est corroborée par le Registre canadien du cancer. L’indice de mélanome pour 100 000 habitants a augmenté, passant de 12 en 1997 à environ 27 en 2026.
| Indicateur (Canada) | Données 1997 | Projections 2026 |
|---|---|---|
| Indice de mélanome / 100 000 hab. | 12 | 27 |
| Nombre de diagnostics (Total) | Non spécifié | 11 300 |
Les mythes du bronzage et la réalité de la vitamine D

La propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux inquiète les professionnels de santé. La Dre Blouin déconstruit notamment l’idée qu’une peau pourrait s’adapter au soleil. Pour elle, un bronzage n’est pas un signe de santé, mais la preuve que la peau a été brûlée et endommagée.
Le niveau de protection offert par un bronzage est dérisoire. La Dre Blouin précise qu’un bronzage équivaut à un facteur de protection solaire (FPS) de 3 à 5, ce qui reste largement insuffisant face aux rayons UV.
Concernant la vitamine D, souvent utilisée pour justifier l’exposition solaire, la dermatologue rappelle que cette vitamine ne s’accumule pas dans l’organisme. Pour obtenir la dose recommandée, s’exposer le dos des mains et les avant-bras pendant 20 minutes, deux à trois fois par semaine, suffit amplement.
La photokératite : quand les yeux brûlent au soleil
Si la peau est la première ligne de défense, les yeux sont tout aussi vulnérables. La photokératite est une inflammation de la cornée par les rayons UVA et UVB.
Le docteur Brigitte Milhau décrit les symptômes de cette affection comme une sensation de sable dans les yeux, accompagnée de rougeurs, d’une baisse de l’acuité visuelle, de larmoiements, de maux de tête ou d’un gonflement des paupières. Si les yeux clairs sont plus sensibles, la protection doit être systématique pour tous.
Pour prévenir ces lésions, les recommandations incluent :
- Le port de lunettes de soleil certifiées « CE » (marquage Union européenne).
- L’utilisation d’un chapeau ou d’une casquette.
- L’application de crème solaire sur les paupières.
- Le retrait des lentilles de contact pendant la baignade.
Normes de protection et risques liés aux éclipses

Le choix des équipements solaires repose trop souvent sur l’esthétique plutôt que sur la sécurité. Selon le baromètre Asnav-Opinion Way 2025 cité par Acuité, 74 % des Français ignorent le niveau de protection de leurs lunettes et 40 % croient à tort qu’une teinte foncée suffit à protéger l’œil.
L’Asnav recommande des verres conformes aux normes CE avec un filtre UV à 100 %. L’indice de protection doit être adapté à l’environnement : l’indice 3 convient pour la majorité des vacances, tandis que l’indice 4 est impératif pour les glaciers ou la haute mer.
Une vigilance extrême est requise pour les événements astronomiques. Pour l’éclipse solaire du 12 août, les lunettes de soleil classiques sont totalement inefficaces. L’utilisation de solutions de fortune comme des radiographies ou des CD est proscrite au profit de lunettes spéciales éclipse certifiées CE.
Stratégies de prévention et zones de danger
La protection efficace repose sur la combinaison de plusieurs gestes. Il est conseillé d’éviter l’exposition directe entre 10 h et 14 h en outremer, et entre 12 h et 16 h en été en métropole.
Le parasol, bien qu’utile, ne protège pas intégralement des rayons, et un ciel voilé peut être trompeur car les UV traversent la couche nuageuse. Les vêtements amples et couvrants, idéalement des t-shirts à manches longues anti-UV, constituent la protection la plus efficace.
L’application de crème solaire doit être rigoureuse :
- Utiliser un indice minimum de SPF 30.
- Renouveler l’application toutes les 2 heures.
- Réappliquer systématiquement après la baignade ou une forte transpiration.
Enfin, certains environnements augmentent drastiquement le risque. En altitude, les UV sont plus intenses. De plus, des surfaces comme le sable, la neige ou les plans d’eau réfléchissent le soleil, augmentant le danger indépendamment de la température extérieure.
Note : Cet article fournit des informations générales de prévention. Pour tout diagnostic ou conseil médical personnalisé, veuillez consulter un professionnel de santé qualifié.
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