Home SantéMikael souffre du diagnostic inconnu de « cueillette de la peau »

Mikael souffre du diagnostic inconnu de « cueillette de la peau »

by Sophie Martin

Publié le 2024-05-03 10:15:00. Mattias Nordlund, un habitant de Luleå, a récemment découvert qu’un comportement compulsif, consistant à gratter et à déchirer sa peau, pourrait être lié à une condition médicale méconnue : la dermatillomanie. Son témoignage met en lumière les difficultés de diagnostic et l’importance d’une prise en charge adaptée.

Mattias Nordlund, 53 ans, souffre depuis des années d’une impulsion irrésistible à gratter et à endommager sa peau. Une infection grave survenue il y a six ans, suite à ces gestes, l’avait incité à redoubler de prudence, mais les habitudes ont fini par reprendre le dessus.

« J’étais plus vigilant après mon séjour à l’hôpital. Mais avec le temps, on retombe dans une sorte de schéma habituel », confie Mattias.

Ce n’est que récemment qu’il a mis un nom sur ce comportement : la dermatillomanie, également appelée « skin picking ». Il s’agit d’un trouble compulsif caractérisé par le besoin irrépressible de gratter, de frotter ou de déchirer sa peau, entraînant des lésions et des souffrances.

Des rappels constants de son entourage

Mattias décrit ce comportement comme une habitude de longue date, présente tout au long de sa vie adulte. S’il ne lui accorde pas d’importance particulière, sa famille, notamment sa femme et ses enfants, lui rappelle régulièrement d’arrêter.

« Je n’y pense pas, c’est un geste inconscient », explique-t-il.

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), environ 136 000 Suédois seraient touchés par ce diagnostic, dont les trois quarts sont des femmes. Cependant, ce chiffre pourrait être sous-estimé en raison du manque de sensibilisation et de la difficulté à identifier la dermatillomanie.

Des recherches suggèrent que la dermatillomanie pourrait avoir une composante héréditaire et serait plus fréquente chez les personnes souffrant de troubles obsessionnels compulsifs (TOC) ou ayant des antécédents familiaux de TOC. Les zones les plus souvent touchées sont les mains, les bras et le visage, mais certains individus s’arrachent également la peau à d’autres endroits du corps, ciblant les bosses, les plaies, les callosités, les croûtes, les boutons ou même une peau saine.

Un diagnostic qui apporte des éclaircissements

La découverte de l’existence de ce diagnostic a permis à Mattias de mieux comprendre son propre comportement.

« Cela m’a fait réfléchir un peu, et me demander si je devrais peut-être essayer de faire quelque chose pour résoudre ce problème », dit-il.

Une étude suédoise a démontré que la thérapie cognitivo-comportementale pouvait être efficace pour atténuer les symptômes, mais il n’existe actuellement aucun traitement médicamenteux éprouvé.

Mattias ne ressent pas de soulagement en grattant ses démangeaisons. Il envisage désormais de contacter les services de santé pour explorer les possibilités d’aide et de prise en charge.

« Rationnellement, c’est assez stupide de continuer à faire quelque chose comme ça, alors qu’il pourrait y avoir des infections – comme c’était le cas il y a six ans », conclut-il.

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