Un télescope spatial indien miniaturisé, développé par la start-up EON Space Labs, a franchi une étape cruciale en réussissant avec succès des tests rigoureux en environnement spatial simulé. Cet instrument de haute précision, pesant seulement 502 grammes, ouvre la voie à une nouvelle ère pour l’observation de la Terre et la défense stratégique depuis l’espace.
Baptisé « MIRA », ce télescope électro-optique a démontré sa capacité à résister aux conditions extrêmes de l’espace – températures allant de -20 °C à +60 °C et un vide inférieur à 10⁻⁵ torr – conformément aux normes strictes de la NASA. Les tests, réalisés dans un laboratoire accrédité à Ahmedabad, ont confirmé la stabilité thermique, la tolérance au vide et la fiabilité opérationnelle de l’appareil.
« C’est un moment déterminant pour nous », a déclaré Sanjay Kumar, cofondateur d’EON Space Labs. « La certification de qualité spatiale prouve qu’il est désormais possible de concevoir et de certifier en Inde des plateformes d’imagerie ultra-complexes et de haute précision. »
MIRA est conçu pour être intégré à des satellites et utilisé dans des missions spatiales commerciales et de défense. Sa conception ultra-légère – au moins 3 à 4 fois plus léger que les télescopes spatiaux conventionnels – permet de réduire considérablement les coûts de lancement, qui peuvent atteindre 10 000 à 20 000 dollars américains (environ 9 200 à 18 400 euros) par kilogramme.
Selon Punit Badeka, également cofondateur d’EON Space Labs, « MIRA permet d’obtenir des images de la plus haute qualité avec une fraction des limitations traditionnelles de taille et de poids. » L’entreprise ambitionne non seulement de renforcer l’autonomie de l’Inde dans le domaine de l’observation de la Terre, mais aussi de conquérir le marché mondial.
Les performances de MIRA ont dépassé les attentes, avec un dégazage négligeable et aucune dérive optique ou structurelle détectée. Le télescope a également été intégré avec succès à l’ordinateur embarqué d’un partenaire satellite, démontrant sa capacité à effectuer des opérations d’imagerie et de télémétrie de manière autonome dans des conditions orbitales simulées.
EON Space Labs prévoit un premier vol spatial pour MIRA en décembre 2025, à bord d’une mission satellitaire à venir. Parallèlement, l’entreprise développe d’autres plateformes d’imagerie, notamment LUMIRA EO/IR, destinées à être utilisées sur des drones, des eVTOL et des avions à voilure fixe, renforçant ainsi son engagement envers des solutions optiques intégrées pour des applications multidomaines.
« Notre pile optique et basée sur l’IA intégrée verticalement fournit une charge utile opérationnelle parfaitement adaptée à l’environnement extrême de l’espace », a ajouté Manoj Kumar Gaddam, cofondateur d’EON Space Labs.