Le 2 mai 2026, le roi Mohammed VI a nommé le prince héritier Moulay El Hassan au poste de coordinateur des bureaux et services de l’état-major général des Forces armées royales. Cette décision stratégique alimente les interrogations sur l’état de santé du souverain et la préparation de la succession au Maroc.
Le nouveau rôle militaire de Moulay El Hassan
L’annonce de cette nomination, relayée par un communiqué officiel de l’agence de presse marocaine MAP, marque un tournant dans l’ascension du jeune prince. Âgé de 22 ans, Moulay El Hassan intègre ainsi l’un des rouages les plus sensibles de l’appareil sécuritaire du pays. Ce poste de coordination lui permet d’avoir une vision transversale sur l’ensemble des structures de l’armée et, plus précisément, de superviser les interactions avec les officiers de haut rang.


Cette étape n’est pas fortuite. En occupant cette fonction, le prince héritier s’immerge dans les mécanismes de commandement, une immersion nécessaire pour comprendre la structure de l’État. Selon les informations de BFMTV, cette démarche rappelle étrangement le parcours de son père. En 1985, après avoir été nommé par le roi Hassan II, Mohammed VI occupait lui-même une fonction similaire au sein de l’état-major.
L’armée n’est pas seulement une force de défense au Maroc ; elle constitue l’un des piliers fondamentaux de la monarchie. En plaçant son fils à la coordination des bureaux et services de l’état-major, le souverain assure une intégration progressive de l’héritier dans les cercles de pouvoir souverainistes, minimisant ainsi les risques de friction lors de la future passation.
Une méthode de succession ancrée dans la tradition
Si ce mouvement suscite des discussions, il s’inscrit en réalité dans une continuité historique rigoureuse. L’accession au trône au Maroc ne repose pas sur l’improvisation, mais sur des étapes extrêmement codifiées.

Comme l’explique Jeune Afrique, cette préparation minutieuse du futur monarque a déjà été observée sous les règnes de Mohammed V et de Hassan II. La monarchie marocaine utilise ces fonctions de transition pour tester la capacité des héritiers à naviguer dans la complexité du makhzen.
| Élément de comparaison | Mohammed VI | Moulay El Hassan |
|---|---|---|
| Année d’intégration militaire | 1985 | 2026 |
| Rôle stratégique | État-major | Coordination de l’état-major |
| Profil de formation | Juristes français classiques | Universitaires modernes |
L’ambiance de fin de règne et la santé du roi
Au-delà de la procédure administrative, c’est l’atmosphère politique qui interpelle les observateurs. Le roi Mohammed VI, âgé de 62 ans, semble affaibli depuis plusieurs années, une situation qui alimente les spéculations sur la temporalité de la transition.

L’universitaire et journaliste Omar Brouksy, auteur de l’ouvrage Maroc, fin de règne, souligne que le royaume traverse une période singulière.
Omar Brouksy, via Le Nouvel Obs
Cette perception est renforcée par les mouvements de l’appareil du pouvoir. Selon Le Nouvel Obs, cette atmosphère est le résultat de plusieurs facteurs, incluant la santé du monarque et les évolutions internes au sein de la famille royale et du makhzen. Bien que le roi soit encore pleinement en fonction, l’accélération de la formation de son fils suggère que le centre du pouvoir se prépare activement à une nouvelle phase de son histoire.
La formation d’un souverain de nouvelle génération
Un autre élément de distinction réside dans le socle éducatif de l’héritier. Si le parcours de Mohammed VI a été façonné par des universitaires de la vieille école juridique française, le prince Moulay El Hassan semble suivre une trajectoire différente, plus adaptée aux enjeux contemporains.
Cette différence de formation pourrait influencer la manière dont le futur souverain exercera son autorité. Là où son père a consolidé la monarchie par une maîtrise des structures juridiques et administratives traditionnelles, le prince héritier semble se préparer à diriger un royaume dont les cadres de pensée évoluent.
L’enjeu des prochains mois sera d’observer si cette nomination est le prélude d’une transition rapide ou simplement une étape de plus dans un processus de préparation qui s’étend sur plusieurs années. Pour l’instant, le signal envoyé par le palais est clair : la continuité de l’État est la priorité absolue, et le successeur est déjà en ordre de marche au cœur de l’institution militaire.
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