Home SantéMoins de cas de cancer grâce à une politique stricte en matière d’alcool

Moins de cas de cancer grâce à une politique stricte en matière d’alcool

by Sophie Martin

Publié le 14 octobre 2025 à 21h20. Une étude majeure du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) confirme le lien étroit entre la consommation d’alcool et le développement de plusieurs cancers, et plaide pour des politiques publiques plus strictes afin de réduire le fardeau de cette maladie en Europe.

  • L’alcool est impliqué dans au moins sept types de cancer, et représente un coût économique considérable pour les systèmes de santé européens.
  • Des mesures telles que l’augmentation des taxes, la limitation de l’accessibilité et l’interdiction de la publicité pour l’alcool se révèlent efficaces pour réduire la consommation et, par conséquent, le risque de cancer.
  • L’Union européenne est particulièrement concernée, étant la région du monde où la consommation d’alcool est la plus élevée et où le cancer est la principale cause de décès.

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) tire la sonnette d’alarme : l’alcool est un facteur de risque majeur de cancer en Europe, avec des conséquences sanitaires et économiques considérables. Une nouvelle étude, publiée dans le volume 20 des manuels du CIRC, met en évidence l’efficacité de politiques publiques ciblées pour réduire la consommation d’alcool et, par conséquent, le nombre de cas de cancer.

Selon Elisabete Weiderpass, directrice du CIRC, cette étude constitue une étape historique. Elle démontre sans équivoque qu’une politique globale en matière d’alcool au sein de la population réduit la consommation et diminue le risque de cancer.

« Une politique globale en matière d’alcool au sein de la population réduit la consommation d’alcool et qu’une réduction de la consommation d’alcool réduit le risque de cancer. »

Elisabete Weiderpass, directrice du CIRC

L’étude, dont les conclusions sont disponibles dans le manuel de prévention du cancer, volume 20B, détaille les mesures les plus efficaces. L’augmentation des taxes sur les boissons alcoolisées, la limitation de leur accessibilité et l’interdiction totale de la publicité sont particulièrement soulignées. Ces mesures, selon le CIRC, conduisent à une diminution de la consommation au niveau de la population et, à terme, à une baisse du nombre de cancers.

L’Union européenne est particulièrement touchée par ce problème. Elle est la région du monde où la consommation d’alcool est la plus élevée et où le cancer est désormais la principale cause de décès. En 2020, l’alcool a été impliqué dans plus de 93 000 cas de cancer rien que dans la région européenne.

« Certains considèrent l’alcool comme un « héritage culturel », mais la maladie, la mort et le handicap ne devraient pas être normalisés dans le cadre de la culture européenne. »

Dr Gundo Weiler, responsable des mesures préventives et des mesures de promotion de la santé à l’OMS/Europe

Le coût économique de cette situation est également alarmant. Les décès prématurés liés aux cancers causés par l’alcool ont représenté un coût de 4,58 milliards d’euros dans l’ensemble de l’UE en 2018. À cela s’ajoutent les coûts indirects liés aux hospitalisations, aux blessures, aux violences et à la perte de productivité, qui alourdissent encore davantage le fardeau pour les communautés.

Les chercheurs ont analysé l’impact de différentes politiques et ont constaté que l’augmentation des taxes et des prix minimums, les limites d’âge pour l’achat et la consommation, la restriction des horaires de vente et du nombre de points de vente, l’interdiction totale de la publicité pour l’alcool et le monopole d’État sur la vente produisent des résultats significatifs. Les effets de ces mesures sont généralement visibles après cinq ans.

Malgré ces preuves solides, l’OMS/Europe et le CIRC constatent que les politiques de lutte contre l’alcool sont encore insuffisamment mises en œuvre en Europe. Ils appellent les gouvernements à agir rapidement et à adopter des mesures plus ambitieuses. Ils soulignent également la nécessité d’améliorer le traitement des personnes dépendantes à l’alcool, en complément d’une politique de prévention efficace.

Le CIRC, qui fait partie de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a pour mission de coordonner et de mener des recherches sur les causes du cancer chez l’homme, les mécanismes de formation du cancer et d’élaborer des stratégies scientifiques de lutte contre cette maladie. L’agence mène des études épidémiologiques et en laboratoire et diffuse des informations scientifiques à l’échelle mondiale.

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