Publié le 21 octobre 2025 à 11h31. Fabio Wardley, ancien employé de bureau devenu boxeur, affronte samedi à Londres Joseph Parker, un ancien champion du monde, avec l’opportunité de défier ensuite Oleksandr Usyk pour le titre.
- Fabio Wardley, 30 ans, invaincu en 20 combats professionnels, se prépare à affronter l’ancien champion du monde des poids lourds Joseph Parker.
- Une victoire pourrait ouvrir la voie à un combat pour le titre mondial contre Oleksandr Usyk, un adversaire que Wardley a déjà affronté en sparring.
- Le parcours atypique de Wardley, passant d’un travail de recrutement à une carrière de boxeur, contraste fortement avec celui de Parker.
La salle d’entraînement d’Ipswich, ville natale de Fabio Wardley, vibre d’une énergie palpable à quelques jours du combat crucial contre Joseph Parker. L’atmosphère est à la fois détendue et concentrée, reflétant la confiance tranquille du boxeur britannique. Wardley, 30 ans, affiche un bilan parfait de 20 victoires en autant de combats professionnels, mais reconnaît que ce défi représente un tournant dans sa carrière.
« Joseph Parker était champion du monde en 2016, alors que je me battais encore pour trouver un emploi », a déclaré Wardley, soulignant le contraste saisissant entre leurs trajectoires respectives.
« Cela a donc été un voyage très sauvage pour nous d’arriver à ce point. Et si je surmonte ce combat, j’aurai la chance de rencontrer Oleksandr Usyk. Combattre Usyk pour le titre mondial serait une histoire amusante, si je me souviens de la façon dont je suis allé en Ukraine pour l’épargner il y a sept ans. J’aurais l’impression d’avoir bouclé la boucle. »
Fabio Wardley, boxeur
L’histoire de Wardley est loin d’être conventionnelle. Il y a neuf ans, alors que Parker remportait le titre mondial WBO face à Andy Ruiz Jr, Wardley travaillait comme agent de recrutement à Londres, cherchant des emplois pour les professionnels de la santé et du travail social. Ses soirées étaient parfois animées par des combats amateurs en col blanc, une activité qui lui a permis de découvrir sa passion pour la boxe.
Le combat le plus brutal de sa carrière à ce jour remonte à mars 2024, face à Frazer Clarke. Un affrontement intense et sanglant qui s’est soldé par un match nul.
« Clarke m’a dit qu’il avait peur de mourir après le combat »,
Fabio Wardley
a révélé Wardley, visiblement marqué par cette expérience. Ce combat avait été particulièrement violent, laissant Wardley couvert de blessures. « J’avais une coupure au nez, mon visage saignait, mon short, ma tenue, tout était couvert de sang. C’était ma première véritable idée du sérieux et du danger de la boxe. »

Wardley a même plaisanté sur la possibilité de voir sa vie adaptée sur Netflix. « J’ai déjà un titre : White Collar to World Champion. Je pense que ça roule plutôt bien », a-t-il souri. Il insiste sur le fait qu’il a accepté les risques inhérents à ce sport. « J’ai fait la paix avec ça quand j’ai décidé de prendre ce sport au sérieux. J’ai accepté qu’il y ait le pire des cas et que ça pourrait se passer comme ça. Tant que vous êtes d’accord avec ça, allez-y. »
Son dernier combat, en juin, contre l’Australien Justis Huni, a été un autre test de sa résilience. Alors qu’il était en retard sur les cartes des juges après neuf rounds, Wardley a réussi à mettre Huni KO au 10e round. Ce KO spectaculaire a démontré sa puissance de frappe et sa capacité à renverser la situation.
« Je perdais ce combat, mais cela n’a jamais été autoritaire. J’ai toujours senti que je faisais de petits progrès. »
Fabio Wardley, boxeur
L’expérience de Wardley en tant que sparring partner d’Usyk en Ukraine en 2018 lui a donné un aperçu précieux du talent de l’Ukrainien. Il se souvient d’une ambiance détendue et conviviale, loin de l’image stricte qu’il avait imaginée.
« J’avais imaginé dans ma tête à quel point cela allait être très strict, mais Usyk dansait et riait. »
Fabio Wardley, boxeur

Samedi, Wardley retournera sur le ring de l’O2 Arena, prêt à affronter Joseph Parker. Il est conscient de la difficulté de la tâche qui l’attend, mais il est déterminé à saisir cette opportunité. « Je devrai peut-être retrouver un peu de mon âme que j’ai laissée ici », a-t-il plaisanté. Il est convaincu qu’il a identifié des faiblesses chez Parker et qu’il sera en mesure de les exploiter. « Il y a certaines habitudes que nous avons identifiées et que nous allons repérer ce soir-là. »
Wardley a débuté sa carrière sportive dans le football, jouant pour l’académie de Ipswich Town, avant de découvrir la boxe grâce à Robert Hodgins, un mentor qui l’a guidé dans sa jeunesse. « Je connais Rob depuis l’âge de 12 ans », a-t-il raconté. « Il était mon mentor dans un programme appelé Positive Futures pour les enfants indisciplinés. »

