Home Divertissement« Mon road trip avec Led Zeppelin a été compté comme un crédit de classe » : Cameron Crowe à propos de l’interview qui a tout changé | Led Zeppelin

« Mon road trip avec Led Zeppelin a été compté comme un crédit de classe » : Cameron Crowe à propos de l’interview qui a tout changé | Led Zeppelin

by Antoine Girard

Publié le 11 octobre 2024 11h00. L’accès au mythique groupe Led Zeppelin était notoirement difficile. Un journaliste américain raconte comment il a réussi, après des semaines de négociations et d’observations, à obtenir une interview exclusive pour Rolling Stone, révélant ainsi les coulisses d’une légende du rock.

  • Jimmy Page, figure centrale de Led Zeppelin, était le principal obstacle à toute couverture médiatique du groupe.
  • Le journaliste a dû user de persuasion et de patience pour convaincre Page d’accepter une interview, en misant sur l’intérêt du groupe à toucher ses fans directement.
  • L’article publié dans Rolling Stone a suscité une réponse enthousiaste de la part des lecteurs, confirmant l’attrait durable de Led Zeppelin.

Led Zeppelin cultivait un mystère tenace, se démarquant par son approche distante des médias. Les interviews étaient rares, et le groupe affichait une aversion particulière pour le magazine Rolling Stone, alimentée par une rumeur de conflit personnel entre Jimmy Page et Jann Wenner, son cofondateur. Le premier album du groupe avait d’ailleurs été sévèrement critiqué par la publication. Pourtant, en 1975, alors que Led Zeppelin s’apprêtait à sortir son album Physical Graffiti, le journaliste a reçu une invitation inattendue : accompagner le groupe sur la route, grâce à Danny Goldberg, leur publiciste et responsable du label Swan Song.

La clé pour obtenir une couverture de Rolling Stone résidait entièrement entre les mains de Jimmy Page. Le plan consistait à interviewer d’abord les autres membres du groupe, et à envisager une couverture avec Robert Plant seul si Page restait inflexible. L’espoir était que cette perspective inciterait Page à accepter une photo de groupe, mais le risque d’un échec total était bien réel. De retour à San Francisco, Ben Fong-Torres, rédacteur en chef de Rolling Stone, a donné son feu vert et a suivi l’avancement du projet avec des appels quotidiens. Le journaliste, conscient que son séjour loin de chez lui touchait à sa fin, avait même réussi à convaincre son professeur de journalisme de valider son périple avec Led Zeppelin comme un crédit de cours.

Après leurs concerts, le groupe se retrouvait à l’hôtel Ambassador, avant de sortir dans les discothèques de Chicago. Conscients de leur popularité et de la présence de fans, Richard Cole, leur road manager, les emmenait souvent dans un bar gay situé à proximité. Cette tradition s’est maintenue pendant une grande partie de la tournée. Les fans, cherchant le groupe dans les rues, ignoraient qu’ils pouvaient croiser Jimmy Page et Robert Plant en train de danser ensemble, sans se soucier du regard des autres, sur des chansons de Gloria Gaynor ou de l’Average White Band. Pendant ces soirées, le journaliste profitait des moments d’intimité pour prendre des notes, souvent dans des toilettes où l’ambiance était parfois troublée par la consommation de drogues et des rencontres intimes.

L’entretien avec Robert Plant s’est déroulé comme prévu. Mais l’enjeu principal restait de convaincre Jimmy Page. Le journaliste a finalement réussi à le débloquer en lui expliquant qu’il ne représentait pas les intérêts de Jann Wenner, mais qu’il souhaitait simplement raconter l’histoire du groupe à ses fans. Il a même osé affirmer que, s’il avait basé ses achats de disques sur les critiques de Rolling Stone, il aurait constitué une collection désastreuse. Cette remarque a fait mouche, et Page a fini par accepter de donner une interview à New York.

La rencontre a eu lieu dans une suite d’hôtel extravagante, décorée comme un plateau de cinéma. Page, vêtu de son habituelle tenue de scène – un pantalon ample en satin noir et une chemise de cowboy assortie – accueillit le journaliste. Il était sur le point d’assister à la projection d’un film de Kenneth Anger, réalisateur et occultiste, qui avait sollicité Page pour composer la musique de son film Lucifer Rising. Après le départ d’Anger, ils ont écouté une cassette de Joni Mitchell, l’une des artistes préférées de Page, avant de commencer l’entretien. Page, libéré de toute animosité envers le magazine et son fondateur, s’est livré avec une franchise surprenante, partageant des détails intimes sur son enfance, ses relations avec les autres membres du groupe, et sa vision de l’avenir. Il a même confié qu’il n’avait jamais pensé dépasser l’âge de 30 ans.

L’article a été publié rapidement et le numéro de Rolling Stone est devenu l’un des plus vendus de l’histoire du magazine. Quelques semaines plus tard, le journaliste a reçu une boîte remplie de lettres de lecteurs, provenant du monde entier. Les fans de Led Zeppelin avaient exprimé leur gratitude pour l’interview, posé des questions, et partagé leurs propres histoires. Rolling Stone avait finalement réussi à percer le mystère de Led Zeppelin, et la réponse du public avait été unanime.

Le Pas Cool de Cameron Crowe sera disponible le 28 octobre. Pour soutenir The Guardian, commandez votre exemplaire sur Guardianbookshop.com. Des frais de livraison peuvent s’appliquer.

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