Publié le 16 octobre 2025 à 03h30. La gestion de la crise liée aux erreurs dans les dépistages du cancer du sein en Andalousie secoue la présidence de Juan Manuel Moreno, qui a nommé un nouveau ministre de la Santé sans expérience médicale pour tenter de calmer la tempête.
- Une crise majeure ébranle la région andalouse suite à des anomalies dans les dépistages du cancer du sein, dont l’ampleur reste à déterminer.
- Juan Manuel Moreno a choisi Antonio Sanz, un proche collaborateur politique, pour diriger le ministère de la Santé, malgré son manque d’expérience dans le domaine médical.
- Cette nomination intervient après le remplacement de trois ministres de la Santé en sept ans, une gestion critiquée par les syndicats et perçue comme un manque d’écoute du gouvernement andalou.
La crise actuelle, déclenchée par des témoignages de femmes remettant en question l’étendue des erreurs dans les dépistages, constitue le plus grave défi politique auquel Juan Manuel Moreno a été confronté depuis son accession à la présidence de la Junta de Andalucía en janvier 2019. Le nombre exact de femmes concernées par ces anomalies reste flou, tout comme le nombre de diagnostics retardés ou manqués.
Depuis 2019, Moreno a connu une succession rapide de ministres de la Santé. Jesús Aguirre, le premier, a été écarté et promu à la présidence du Parlement andalou, une manœuvre perçue par certains comme une façon de l’éloigner des dossiers sensibles. Selon des sources proches du président, des tensions étaient apparues entre les deux hommes pendant la crise du Covid-19, Aguirre, médecin de formation, affichant un certain mépris pour ceux qui n’avaient pas sa légitimité médicale. Catalina García, sa successeur, a été démis de ses fonctions dans un contexte de polémiques liées à des contrats d’urgence dans le secteur de la santé, faisant l’objet d’enquêtes judiciaires. Infirmière de formation, elle avait été nommée à un poste pour lequel elle manquait d’expertise, celui de conseillère au Développement durable et à l’Environnement. Rocío Hernández, la troisième, a vu ses responsabilités limitées à la direction d’un hôpital spécifique, le San Juan de Dios de Bormujos (Séville), sans véritable pouvoir décisionnel en matière de santé publique.
Face à cette situation, Moreno a opté pour une solution de continuité en confiant le ministère de la Santé à Antonio Sanz, son conseiller à la Présidence, à l’Intérieur, au Dialogue social et à la Simplification administrative. Sanz est un homme politique expérimenté et fidèle, mais dépourvu de toute formation ou expérience en matière de santé. Cette nomination est critiquée par les syndicats, qui dénoncent un manque d’écoute de la part du gouvernement andalou. La démission ou le limogeage de la troisième ministre de la Santé a exacerbé les tensions.
Plusieurs observateurs regrettent que Moreno n’ait pas choisi une personnalité comme María Jesús Montero, médecin reconnue et connaissant bien les rouages du système de santé andalou. Une source proche du dossier souligne l’importance d’une personne capable de comprendre les enjeux techniques et humains de la crise, notamment en ce qui concerne l’analyse des mammographies. « Une mammographie, c’est avant tout une plaque, et les gens se demandent ce qu’il advient de cette plaque, ce que l’on a dit à leur fille », explique-t-elle.
Pour compléter l’équipe, Moreno a décidé de répartir certaines compétences de Sanz entre Carolina España, porte-parole et conseillère pour l’économie, les finances et les affaires européennes, qui prendra en charge la simplification administrative et le dialogue social, et Jorge Paradela, conseiller à l’Industrie, à l’Énergie et aux Mines, qui assumera la responsabilité de l’Agence Numérique d’Andalousie. Cette réorganisation témoigne, selon les analystes, de la volonté de Moreno de s’entourer de collaborateurs fiables et compétents dans d’autres domaines, mais qui ne risquent pas de remettre en question ses décisions.
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