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Moreno, le trafiquant de cannabis le plus important d’Espagne, arrêté au Maroc

Les autorités marocaines ont interpellé au Maroc Juan Carlos T., alias «Moreno», présenté par la police espagnole comme le plus important grossiste de résine de cannabis d’Espagne.

Moreno, le trafiquant de cannabis le plus important d'Espagne, arrêté au Maroc

Les autorités marocaines ont interpellé au Maroc Juan Carlos T., alias «Moreno», présenté par la police espagnole comme le plus important grossiste de résine de cannabis d’Espagne. L’arrestation de cet homme né en 1981, sous le coup d’une interdiction de quitter le territoire depuis 2022, fait suite à un vaste démantèlement international.

Juan Carlos T. arrêté au Maroc après sa cavale

Le suspect résidait à Alcobendas, dans la banlieue nord de Madrid, avant de se réfugier dans le royaume chérifien. Placé sous contrôle judiciaire depuis 2022 avec interdiction de quitter le territoire espagnol, le chef de bande s’est caché au Maroc après le démantèlement de son réseau par la police nationale espagnole.

Depuis le lancement des opérations en décembre 2025, les enquêteurs ont saisi un total de 10,8 tonnes de résine de cannabis et 12,3 kilos de marijuana entre Madrid et Valence. L’offensive menée par l’unité centrale des drogues et du crime organisé (UDYCO) a permis de mettre la main sur ces volumes considérables de stupéfiants. Les perquisitions successives ont notamment ciblé le quartier de Las Tablas et l’avenue Miguel Delibes à Madrid, ainsi qu’un entrepôt industriel à Valence.

Moreno, le trafiquant de cannabis le plus important d'Espagne, arrêté au Maroc
Photo : Yabiladi

Treize suspects appréhendés à Madrid et Guadalajara

L’arrestation du baron espagnol survient exactement une semaine après une nouvelle vague d’interpellations menée à Madrid et à Guadalajara. Treize suspects ont été appréhendés lors de cette opération, parmi lesquels figurent trois ressortissants marocains chargés de louer les logements servant au stockage de la drogue, ainsi que plusieurs gestionnaires de l’approvisionnement.

Au printemps, une première vague de coups de filet avait déjà visé 22 suspects, conduisant quatorze d’entre eux en détention provisoire. L’Audience nationale, la juridiction espagnole compétente pour traiter les dossiers de criminalité organisée, a levé le secret de l’instruction dans la foulée de ces perquisitions.

Espagne-Maroc : la police espagnole démantèle un réseau de trafic de drogue impliquant le Makhzen

Pour acheminer la marchandise, le réseau s’appuyait sur une infrastructure sophistiquée :

  • Des bateaux de pêche et des embarcations rapides pour récupérer la drogue en mer.
  • Des camions de transport équipés de caches et de dispositifs brouilleurs.
  • Des entresports logistiques implantés à Huelva, Cadix, Almería, Alicante et Madrid.
  • Une filière d’approvisionnement en provenance directe des côtes andalouses.

L’entrepreneur González Santos verse de faux salaires

Dirigeant des sociétés Artecar Solución Gráfica et ATK2 PLV, l’entrepreneur versait de faux salaires au chef de bande depuis au moins 2019.

Les entreprises de González Santos émettaient également de fausses factures pour faciliter l’acquisition de biens immobiliers. L’appartement madrilène occupé par un membre du réseau a ainsi été acheté par la société Artecar, dotée d’un capital de 3 000 euros, grâce à des prêts garantis par l’Institut de crédit officiel (ICO) mais remboursés en espèces.

Le trafiquant a personnellement investi dans des biens de grand standing, notamment une villa de 800 000 euros située dans le quartier résidentiel huppé de La Moraleja au nord de Madrid, ainsi qu’une résidence secondaire d’une valeur de 500 000 euros à Ibiza. Ces acquisitions ont été opérées par l’intermédiaire de structures aux dénominations ironiques, baptisées Nunca dejes de soñar et Seguimos soñando.

L’opération Caldo ciblait un réseau syrien de hawala

Identifié comme un client de ce système financier clandestin, «Moreno» avait été interpellé à l’époque avant d’être relâché sous contrôle judiciaire. L’enquête a également mis en cause un autre fournisseur présumé, Houmad A. H., un Marocain naturalisé espagnol surnommé «El Loco», lui aussi réfugié au Maroc pour fuir une décision d’incarcération prononcée par l’Audience nationale.

De son côté, Juan Andrés González a été interpellé le 24 mars au domicile du couple à Madrid par les agents de l’UDYCO. Les perquisitions ont permis de découvrir 1 390 grammes de résine de cannabis dissimulés dans le congélateur, 10 920 euros en numéraire et une collection de dix montres de grande marque signées Rolex, TAG Heuer ou Chaumet. Écroué à la prison d’Estremera au sud-est de Madrid, il est poursuivi pour appartenance à une organisation criminelle et blanchiment de capitaux, sa demande de remise en liberté ayant été rejetée le 16 juin en raison d’un risque élevé de fuite.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.