Le fournisseur d’indices MSCI envisage de retirer l’Indonésie de ses marchés émergents pour la rétrograder au statut de marché autonome, déclenchant une chute des actions de Jakarta et une forte baisse de la roupie le 16 octobre 2026.
La menace de rétrogradation de MSCI et le séisme à la Bourse de Jakarta
L’Indonésie ne mérite plus son label de marché émergent. C’est l’avertissement lancé par l’indice mondial MSCI, qui a annoncé son intention de rayer le pays de ses produits phares suivis par les investisseurs internationaux. L’annonce, survenue de manière inattendue le 16 octobre 2026, a provoqué une onde de choc immédiate sur la place financière indonésienne.
Dès l’ouverture des transactions, l’indice composite de Jakarta a décroché, obligeant la Bourse d’Indonésie à suspendre les échanges conformément à la réglementation en vigueur. À la reprise, la baisse s’est accentuée, ramenant l’indice à son niveau le plus bas. La panique boursière a également pesé sur la devise nationale, la roupie reculant à 18 000 pour un dollar américain.

Selon l’agence Reuters, cette sanction va bien au-delà d’un simple reclassement vers le statut de marché frontièriste. MSCI privilégie une rétrogradation directe au statut de marché autonome, une catégorie qui exclut les actions indonésiennes de tous les indices de référence mondiaux et contraint les fonds passifs à liquider leurs avoirs.
Les analystes de Goldman Sachs avaient estimé en juin que des flux de sortie passifs d’environ 5 milliards de dollars proviendraient des fonds suivant les indices MSCI en cas de rétrogradation vers le marché frontalier, auxquels s’ajouteraient 3,5 milliards de dollars supplémentaires si FTSE Russell emboîtait le pas.
Le dysfonctionnement du marché et les exigences de réforme
MSCI a indiqué selon BigGo Finance que de graves préoccupations concernant des dysfonctionnements du marché subsistaient, notamment des soupçons persistants de pratiques commerciales collusives et un manque de preuves quant à des résultats d’application significatifs.
Malgré les efforts déployés par les autorités locales, les investisseurs exigent des preuves concrètes.

Les répercussions sur les flux de capitaux et les banques à grande capitalisation
La menace de MSCI prolonge une année noire pour les actions indonésiennes. Le quotidien Kompas rappelle que la pondération du pays dans l’indice MSCI Emerging Markets s’était déjà effondrée, passant de plus de 1 % à 0,43 % au début du mois d’octobre. Les sorties nettes de capitaux étrangers ont atteint des sommets, pénalisant lourdement les grandes capitalisations bancaires, alors que les données de Bloomberg montrent que les investisseurs étrangers ont déjà vendu pour 4,9 milliards de dollars d’actions indonésiennes cette année.
Hendra Wardana, observateur du marché des capitaux et fondateur de Republik Investor, a pour sa part projeté que la zone des 5 500 points pourrait constituer un scénario de correction supplémentaire si la pression vendeuse s’accentue. Win Thin, économiste en chef à la Bank of Nassau 1982, a estimé que cette décision prolonge la tendance à la baisse de l’éligibilité des investissements en Indonésie et a mis en garde contre de nouveaux risques de fuite de capitaux propres.
| Indicateur boursier | Donnée observée |
|---|---|
| Baisse initiale de l’indice à l’ouverture | de nombreux pour cent |
| Recul maximal de l’indice après la reprise | de nombreux pour cent |
| Poids du secteur financier dans l’indice MSCI | 71,7 pour cent |
Les investisseurs institutionnels réduisent massivement leur exposition pour devancer la décision finale.
Le calendrier de la consultation jusqu’en juin 2027
L’incertitude est appelée à durer. D’ici là, le portail BigGo Finance note que d’autres agences continuent pour l’instant d’observer l’évolution de la situation, tandis que des observateurs comme Angus Mackintosh, spécialiste de l’ASEAN chez Alethia Capital à Singapour, estiment que cette mesure est excessive au vu des efforts fournis par le pays, et Radhika Rao, économiste senior à la DBS Bank à Singapour, prévient que les investisseurs passifs liés par un mandat devront réduire leur exposition.