Publié le 10 novembre 2025. Un chœur unique, composé de jeunes chanteurs européens venus de vingt-cinq universités de musique, a présenté un programme audacieux et multilingue au Mozarteum de Salzbourg, après avoir captivé le public japonais à Osaka lors de l’EXPO 2025.
- Le concert a mis en lumière des œuvres contrastées, allant d’un chant folklorique autrichien à des pièces contemporaines exigeantes.
- Ce chœur éphémère, baptisé « Concevoir des voix », a été créé pour l’EXPO 2025 et réuni des solistes expérimentés.
- L’initiative est née d’Elisabeth Gutjahr, rectrice du Mozarteum, et soutenue par l’AEC (Association Européenne des Conservatoires).
Vendredi 7 novembre, la Grande Salle du Mozarteum a résonné d’un programme musical particulièrement éclectique. L’auditoire a pu apprécier des œuvres en huit langues différentes, interprétées par un ensemble choral singulier : un chœur qui, selon le programme, « n’existe en réalité pas ». Cette particularité trouve son origine dans un projet ambitieux lancé à l’occasion de l’EXPO 2025 à Osaka, au Japon.
Au printemps dernier, vingt-cinq universités de musique européennes ont envoyé chacune un chanteur à Osaka pour participer à un concert événement. Après deux semaines de répétitions intensives, ces jeunes artistes ont présenté un répertoire varié qui a visiblement séduit le public japonais. Selon Jörn Andresen, professeur de direction de chœur à l’Université Mozarteum, le public d’Osaka a été particulièrement touché par la beauté d’un chant folklorique autrichien. Peut-être un écho à des mélodies traditionnelles japonaises comme Zui Zui ?
Le concert salzbourgeois a offert un contraste saisissant entre des pièces légères et d’autres plus sophistiquées. À côté d’un chant folklorique japonais, évoquant une souris agile dérobant des grains de maïs, figuraient des œuvres contemporaines d’une ampleur symphonique, comme Éthérium de l’Italien Giuseppe di Bianco, sur un texte apocalyptique tiré de Dante, ou encore l’Hymne à Sainte Cécile de Benjamin Britten, mis en musique sur un poème de Wystan Hugh Auden. Ces contrastes marqués étaient intentionnels, créant un programme à la fois coloré et cohérent.
L’idée de ce chœur exceptionnel est venue à Elisabeth Gutjahr, rectrice du Mozarteum, et a été soutenue par l’AEC (Association Européenne des Conservatoires, Académies de Musique et Musikhochschulen). Cette association s’était récemment réunie à Salzbourg, ce qui a permis de présenter le programme exigeant, baptisé Échos d’Osaka, au public local.
Comment un groupe aussi disparate de chanteurs a-t-il pu se transformer en un ensemble choral homogène en si peu de temps ? La réponse réside dans le talent et le dévouement de Jörn Andresen, le chef de chœur. Sous sa direction, le chœur éphémère, baptisé « Concevoir des voix », a atteint un niveau d’expressivité remarquable. Les sopranos, en particulier, se sont distinguées lors de l’interprétation de Première élégie d’Einojuhani Rautavaara, une œuvre exigeante qui requiert des contrastes de position précis dans tous les groupes vocaux.
Le programme a également inclus des pièces moins souvent jouées, comme le Respon de la Semaine Sainte de Michael Haydn, une œuvre d’une expressivité frontale surprenante, et le Kaddich de Salomone Rossi, un chantre juif de Mantoue contemporain de Monteverdi, dont la musique est empreinte d’une obsession poignante. Des incursions au Portugal avec Aceitar! de Fernando Lopes-Garça, et en France avec les délicates Trois beaux oiseaux de Maurice Ravel, ont complété ce voyage musical.
Le concert s’est achevé sur une note joyeuse avec Leonardo rêve de sa machine volante, une pièce entraînante qui a conquis le public. Ce qui a particulièrement impressionné, c’est la capacité des chanteurs, tous des solistes expérimentés, à fusionner leurs timbres et à s’intégrer harmonieusement dans l’ensemble. Une soirée qui a donné envie de se laisser emporter par la magie de la musique vocale.
Images: dpk-krie
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