Publié le 2024-05-16 10:15:00. Plus de deux ans après leur lancement, les lois européennes visant à encadrer les géants du numérique, le Digital Markets Act (DMA) et le Digital Services Act (DSA), commencent à porter leurs fruits, mais leur mise en œuvre reste lente et incomplète, selon une analyse des associations de consommateurs.
- Le DMA offre aux consommateurs plus de liberté dans le choix de leurs applications par défaut sur leurs appareils.
- Apple et Google sont critiqués pour une application partielle et tardive des nouvelles règles.
- L’Union européenne doit adapter le DMA aux technologies émergentes comme l’intelligence artificielle générative.
L’Union européenne a pris un virage décisif en mai 2023 avec l’entrée en vigueur du Digital Markets Act (DMA) et du Digital Services Act (DSA). Ces réglementations ambitieuses visent à limiter le pouvoir des grandes entreprises technologiques américaines, telles que Google, Meta et Apple, et à instaurer une concurrence plus équitable sur le marché numérique. Après dix-huit mois d’application du DMA, l’organisation européenne des consommateurs, le Beuc, a publié un rapport évaluant les premiers résultats.
L’étude du Beuc met en lumière des avancées notables en matière de choix pour les consommateurs. Les utilisateurs bénéficient désormais d’une plus grande liberté pour sélectionner leurs applications par défaut, notamment pour la navigation web, la messagerie électronique et les services de navigation. Apple, par exemple, a récemment permis, via la mise à jour iOS 18.2, de choisir un navigateur autre que Safari comme l’indique Apfelpage. Avec iOS 18.4, cette possibilité a été étendue à d’autres catégories d’applications, telles que les services de cartographie, de messagerie, de traduction, de photographie et même les applications de prise de photos selon Apfelpage. À chaque première utilisation d’un service, les utilisateurs d’iPhone sont désormais invités à faire leur choix. Le Beuc salue également l’ouverture à la concurrence d’Apple Pay, avec l’autorisation d’alternatives comme le rapporte Apfelpage.
Google et Meta sont également tenus de se conformer aux nouvelles règles. Il n’est plus possible, par exemple, pour Google d’exiger l’utilisation d’une adresse Gmail pour créer un compte Google ou de privilégier cette adresse lors de la configuration d’un smartphone Android.
Malgré ces avancées, le Beuc tire la sonnette d’alarme. L’organisation critique le rythme lent et l’application incomplète des changements par Apple et Google, qui attendent souvent une entente finale avec la Commission européenne pour mettre en œuvre les mesures requises. L’association appelle donc l’UE à faire preuve de plus de fermeté et à accélérer les procédures en allouant davantage de ressources.
Enfin, le Beuc souligne la nécessité d’adapter le DMA aux nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle générative et les services cloud, afin de garantir une protection efficace des consommateurs dans un environnement numérique en constante évolution comme le détaille le rapport.
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