Marseille a été le théâtre d’une opération policière d’envergure ce mardi 9 décembre, mobilisant 1 500 agents pour démanteler une quinzaine de points de vente de stupéfiants dans les quartiers nord de la ville. L’objectif affiché : frapper de plein fouet les réseaux de narcotrafiquants et perturber leurs activités.
Le nouveau préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a précisé que ce déploiement massif, renforcé par 1 300 policiers venus de toute la France, visait à « reprendre le terrain » aux trafiquants. L’opération, qui doit se poursuivre jusqu’à la fin de la nuit, s’articule autour d’interpellations, de saisies de drogues, d’argent et d’armes, ainsi que du démantèlement des structures liées au trafic.
Selon les autorités, il s’agit de « pilonner les points de deal, d’interpeller les trafiquants, les vendeurs et contrôler les consommateurs, de saisir stupéfiants, argent et armes, d’enlever les encombrants et stigmates du trafic » et d’empêcher l’accès aux lieux de transaction. Sept équipes cynophiles et cinq drones ont également été déployés, et une vingtaine de commerces ont fait l’objet d’une surveillance accrue en amont de l’opération.
À l’heure actuelle, 20 personnes ont été interpellées. La préfecture estime que cette action représente une perte de « centaines de milliers d’euros » pour les organisations criminelles. Les saisies de cocaïne ont d’ailleurs connu une augmentation significative, avec une hausse de 146 % en 2025 (641 kg contre 261 kg en 2024). Le nombre de « narco-homicides » dans le département s’élève pour l’instant à 17 en 2025, contre 24 en 2024 et 49 en 2023.
« C’est une opération qui nécessite d’être tenace, et tous les jours nous continuerons », a insisté le préfet Witkowski, soulignant la volonté de s’inspirer des succès passés, notamment des opérations « place nette XXL » lancées en 2024.
Cette opération intervient dans un contexte de forte tension sécuritaire à Marseille, et à quelques jours de la visite prévue du président Emmanuel Macron le 16 décembre. Elle fait suite à l’assassinat du frère cadet du militant écologiste et anti-drogue Amine Kessaci. Le chef de l’État réunira également, ce jeudi 11 décembre à l’Élysée, les acteurs impliqués dans la lutte contre les trafics de drogue, dans la continuité de la réunion d’urgence organisée le 18 novembre après la mort de Mehdi Kessaci, lors de laquelle il avait demandé un « amplification » de l’action, sur le modèle de la lutte contre le terrorisme.