La NASA prévoit de lancer le satellite LOXSAT cet été depuis la Nouvelle-Zélande pour tester des technologies de transfert de carburant cryogénique en orbite. Cette mission, menée avec Rocket Lab et Eta Space, vise à créer des dépôts de carburant spatiaux, indispensables pour les futures missions Artemis vers la Lune et Mars.
Les défis physiques de l’avitaillement en orbite
cluster (priority): Universe Space Tech
Transférer du carburant dans l’espace est une opération d’une complexité extrême. Contrairement à la Terre, l’absence de gravité modifie radicalement le comportement des fluides. En microgravité, les liquides ont tendance à coller aux parois des réservoirs et à former des bulles chaotiques, ce qui rend la mesure précise du carburant restant particulièrement difficile.
À cela s’ajoute l’utilisation de carburants cryogéniques, comme le méthane et l’oxygène liquides, qui doivent être maintenus à des températures extrêmement basses. Les variations thermiques brutales, entre l’exposition directe au soleil et l’ombre de la Terre, provoquent une évaporation constante, un phénomène connu sous le nom de boiloff. Si la pression augmente trop, les vaisseaux doivent évacuer du gaz, ce qui entraîne une perte de carburant précieuse.
Pour la NASA, la maîtrise de ces processus est la condition sine qua non pour transformer l’orbite terrestre en une plateforme de départ pour l’espace profond. L’objectif est de créer des infrastructures qui serviraient d’appui logistique permanent.
essentiellement des stations-service dans l’espace, qui pourraient soutenir l’exploration à long terme.
NASA, via Universe Space Tech
LOXSAT et le déploiement de la technologie Rocket Lab
Could Rocket Lab pick up Mars samples from NASA's rover? Animation shows how
Pour répondre à ces problématiques, la NASA a confié la mission LOXSAT (Liquid Oxygen Flight Demonstration) à la société Eta Space, basée en Floride. Le satellite, qui sera lancé au plus tôt le 17 juillet, utilisera un bus satellite Photon de Rocket Lab pour rejoindre l’orbite terrestre basse.
Comme l’indique Space.com, le lancement s’effectuera depuis les installations de Rocket Lab en Nouvelle-Zélande à l’aide d’une fusée Electron. Durant une mission prévue pour durer neuf mois, le satellite testera 11 technologies distinctes pour la gestion des fluides.
Ces tests porteront sur des points critiques pour la viabilité des futurs dépôts de carburant :
La réduction de l’évaporation (boiloff)
Le transfert de propulseur entre deux engins
Le maintien de la pression à l’intérieur des réservoirs
La mesure précise des niveaux de carburant
L’enjeu stratégique pour le programme Artemis
cluster (priority): news.google.com
La réussite de ces tests est intimement liée au succès du programme Artemis. Les deux principaux atterrisseurs lunaires sélectionnés par la NASA, le Starship de SpaceX et le Blue Moon de Blue Origin, dépendent de carburants cryogéniques. Pour que ces véhicules puissent descendre sur la Lune puis remonter en orbite pour rejoindre l’astronaute, ils devront impérativement être ravitaillés en orbite.
Cependant, la course à l’avitaillement est déjà engagée. Si SpaceX prévoyait de démontrer le transfert de carburant entre ses propres vaisseaux Starship en juin 2026, la société semble rencontrer des difficultés techniques pour limiter l’évaporation de son carburant. Selon les analyses de The Motley Fool, le développement du Starship accuse un léger retard, laissant la porte ouverte à une démonstration réussie par la NASA et Rocket Lab avant l’acteur de SpaceX.
L’enjeu est également géopolitique. La NASA et la Chine se livrent une compétition pour être les premières nations à renvoyer des humains sur la Lune d’ici les années 2030. Si Pékin a déjà testé des technologies de ravitaillement en orbite avec ses satellites Shijian-21 et Shijian-25, aucune puissance n’a encore réussi à démontrer un ravitaillement effectif entre deux grands vaisseaux habités.
Programme / Entité
Type de carburant utilisé
Objectif de mission
SpaceX Starship
Méthalox (méthane et oxygène)
Atterrissage et retour lunaire
Blue Origin Blue Moon
Hydrolox (hydrogène et oxygène)
Atterrissage et retour lunaire
LOXSAT (NASA)
Oxygène liquide
Démonstration technologique
Avec l’échéance de la mission Artemis IV prévue pour 2028, la validation de ces “stations-service spatiales” devient la priorité absolue pour garantir que les astronautes ne se retrouvent pas bloqués en orbite faute de ressources.
Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.