Mis à jour le 9 novembre 2025. La législation italienne concernant l’allocation chômage NASpI évolue significativement à partir de janvier 2025, ouvrant désormais l’accès aux travailleurs démissionnaires sous certaines conditions, en plus des situations traditionnelles de perte d’emploi.
- À compter de janvier 2025, la NASpI pourra être versée aux travailleurs ayant démissionné volontairement, à condition de justifier d’un minimum de 13 semaines de cotisations.
- La démission pour juste motif (transfert géographique important, détérioration des conditions de travail, harcèlement, etc.) continue de garantir l’accès à l’allocation.
- Le montant de la NASpI est calculé en fonction du salaire moyen des quatre dernières années, avec un plafond mensuel de 1 562,82 euros en 2025.
La NASpI (Nouvelle Assurance Sociale pour l’Emploi), instaurée en 2015 pour remplacer les dispositifs Aspi et mini Aspi, est une allocation mensuelle destinée à soutenir financièrement les salariés ayant perdu leur emploi involontairement. Jusqu’à présent, l’accès à cette aide était principalement réservé aux personnes licenciées ou dont le contrat à durée déterminée était arrivé à expiration. La nouvelle réglementation marque donc un tournant en élargissant le champ d’application de l’allocation.
Cette évolution répond à la volonté de protéger les travailleurs qui choisissent de quitter leur poste pour des raisons personnelles ou professionnelles, sans pour autant se retrouver sans ressources pendant leur recherche d’emploi. Cependant, l’INPS (Institut National de la Prévoyance Sociale) a précisé que cette ouverture se fera dans un cadre strict afin d’éviter tout abus.
Pour bénéficier de la NASpI suite à une démission volontaire, le travailleur devra avoir cotisé au moins 13 semaines après sa dernière période d’emploi. De plus, la démission ne doit pas résulter d’un accord opportuniste avec l’employeur visant à contourner les règles du licenciement. Si le travailleur est ensuite licencié ou voit son contrat à durée déterminée prendre fin dans les 12 mois suivant sa démission, il devra justifier d’un minimum de 13 semaines de cotisations supplémentaires pour pouvoir prétendre à nouveau à l’allocation.
Démission pour juste motif : un droit confirmé
L’INPS a réaffirmé que la démission pour juste motif continue de donner droit à la NASpI. Sont notamment considérées comme des raisons légitimes :
- Un transfert du lieu de travail à plus de 50 km du domicile ou nécessitant plus de 80 minutes de transport en commun.
- Une modification défavorable des tâches ou des conditions de travail.
- Des comportements de harcèlement, de mobbing ou de violence sur le lieu de travail.
- Le non-paiement des salaires.
- Un transfert d’entreprise entraînant des changements significatifs dans les conditions de travail.
Les conventions collectives imposent aux employeurs de communiquer par écrit et de justifier tout transfert de poste. Si le transfert n’est pas motivé par des impératifs organisationnels ou de production, le salarié peut démissionner et bénéficier de la NASpI. Même si le transfert est formellement justifié, il peut être considéré comme un motif légitime de démission s’il entraîne un préjudice sérieux pour le salarié, par exemple un trajet domicile-travail particulièrement pénible ou traumatisant.
Cette protection s’étend à diverses catégories de travailleurs salariés, notamment les apprentis, les coopérants, les employés à durée déterminée du secteur public et le personnel artistique ayant une relation de travail. En revanche, les fonctionnaires permanents et les travailleurs agricoles, qu’ils soient à durée déterminée ou indéterminée, sont exclus du dispositif.
Pour être éligible à la NASpI, qu’il s’agisse d’une perte d’emploi involontaire ou d’une démission pour juste motif (y compris les nouveaux cas de démission volontaire réglementés à partir de 2025), le travailleur doit :
- Être au chômage ;
- Avoir accumulé au moins 13 semaines de cotisations au cours des quatre années précédant la perte d’emploi.
L’indemnisation débute au huitième jour suivant la fin de la relation de travail si la demande est déposée dans ce délai ; sinon, elle commence le lendemain du dépôt, sous réserve de respecter les délais légaux. En cas de licenciement pour juste motif, le délai d’effet est prolongé jusqu’au trente-huitième jour.
Le montant mensuel de l’allocation est calculé sur la base du salaire mensuel imposable moyen des quatre dernières années. Si ce salaire est inférieur à un montant de référence (1 436,61 euros pour 2025), la NASpI correspond à 75 % du salaire moyen. S’il est supérieur, une formule progressive avec différents seuils et pourcentages s’applique, avec un plafond maximal de 1 562,82 euros par mois. À partir du quatrième mois de versement, la prestation est réduite de 3 % chaque mois (à partir du huitième mois pour les bénéficiaires de plus de 55 ans).
L’allocation peut également être réduite en cas d’activité indépendante avec un revenu annuel inférieur à 5 500 euros ou de revenus provenant d’autres relations de travail à temps partiel. Dans ces situations, il est obligatoire de communiquer les revenus prévus à l’INPS via le formulaire NASpI-COM ; le défaut de communication entraînera la perte du droit à l’allocation.