Séoul, le 4 décembre – Malgré l’échec des récentes discussions avec les États-Unis en marge du sommet de l’APEC, la Corée du Nord semble prête à reprendre le dialogue, selon les informations présentées aujourd’hui par le Service national de renseignement (NIS) à l’Assemblée nationale. Le NIS anticipe même une possible rencontre entre Kim Jong-un et son homologue américain après les manœuvres militaires conjointes prévues entre la Corée du Sud et les États-Unis au mois de mars prochain.
Lors d’une audition devant la Commission du renseignement de l’Assemblée nationale, le NIS a révélé que Pyongyang a analysé attentivement les positions de l’administration américaine vis-à-vis de la Corée du Nord. « Kim Jong-un a modulé son discours, s’abstenant de commentaires directs sur le programme nucléaire depuis la session de l’Assemblée populaire suprême en septembre dernier, tout en laissant entrevoir une ouverture conditionnelle aux négociations », ont précisé Park Seon-won, du Parti démocrate de Corée, et Lee Seong-kwon, du Parti du pouvoir populaire, lors d’un point de presse commun.
Le NIS a également souligné que, malgré l’absence de percée lors du sommet de l’APEC, des contacts ont été maintenus en coulisses. « Nous avons constaté des signes indiquant que la Corée du Nord envisageait un dialogue jusqu’à la dernière minute, notamment en envisageant un déplacement de la ministre des Affaires étrangères, Choi Son-hee, en Chine et en Russie », a déclaré le service de renseignement.
À ce stade, le NIS estime que Kim Jong-un est disposé à renouer le dialogue avec les États-Unis, à condition que les circonstances soient favorables. Les exercices militaires conjoints de mars prochain pourraient donc constituer un moment décisif. Le service de renseignement a également détecté des préparatifs pour un défilé militaire en février prochain, lors du 9e Congrès du Parti des travailleurs, qui pourrait servir de levier pour obtenir un sommet avec les États-Unis.
Concernant les relations avec la Corée du Sud, le NIS a indiqué que Pyongyang maintient une ligne dure, interdisant tout contact avec les groupes sud-coréens et adoptant une attitude discriminatoire envers Séoul et Washington. « La Corée du Nord accuse la Corée du Sud d’être à l’origine de la doctrine des deux États hostiles, ce qui rend une amélioration des relations difficile dans l’immédiat », a précisé le service.
Par ailleurs, le NIS a confirmé la poursuite de l’envoi de travailleurs nord-coréens en Russie. Environ 1 500 ouvriers du bâtiment ont été dépêchés depuis septembre dernier pour participer à des projets de reconstruction d’infrastructures. De plus, environ 10 000 soldats nord-coréens sont déployés près de la frontière russo-ukrainienne pour des missions de sécurité, et 1 000 ingénieurs supplémentaires ont été affectés à des opérations de déminage.
Le NIS a également mis en évidence une coopération croissante entre la Corée du Nord et la Russie dans le domaine militaire, notamment en matière d’amélioration des performances et de la précision des missiles. Le développement de drones est également en accélération, ce qui pourrait représenter une menace pour la sécurité de la Corée du Sud. Cependant, le développement de missiles hypersoniques, de satellites de reconnaissance et de destroyers prendra encore du temps, selon le NIS.
Enfin, le NIS a évoqué le rôle croissant de Kim Joo-ae, la fille de Kim Jong-un, dans la sphère diplomatique. « Elle étend son champ d’activité au domaine diplomatique et consolide sa position de successeur potentiel », a déclaré le service, notant qu’elle a été relativement discrète ces derniers mois afin d’éviter d’attiser les spéculations sur la succession et de maintenir l’attention sur son père.
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