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Neurosoft Bioelectronics lève 7,5 M$ pour ses interfaces cerveau-machine souples révolutionnaires

by Amélie Bernard
Un financement record pour des interfaces neuronales souples et scalables

Neurosoft Bioelectronics SA, une startup suisse spécialisée dans les interfaces cerveau-machine (ICM) souples et invasives minimales, a annoncé mercredi 20 mai 2026 avoir levé 7,5 millions de dollars lors d’une levée de fonds en seed largement sursouscrite, selon des sources financières confirmées.

Un financement record pour des interfaces neuronales souples et scalables

Neurosoft Bioelectronics, basée à Chambésy en Suisse et fondée en 2019 par Nicolas Vachicouras, Ludovic Serex et Florian Fallegger, se positionne comme un acteur clé dans le domaine des interfaces cerveau-machine (ICM) destinées à la fois à la recherche médicale et à la restauration de fonctions neurologiques. La levée de fonds de 7,5 millions de dollars, annoncée ce 20 mai, a été menée par Skybound Venture Capital, avec la participation de PL Capital, IAG Capital Partners et Connecticut Innovations. Ce montant, largement sursouscrit, marque une accélération significative pour l’entreprise, dont les technologies visent à résoudre un défi majeur des dispositifs actuels : la rigidité des électrodes implantables, incompatible avec les tissus cérébraux mous.

Selon les informations recueillies, Neurosoft a développé des électrodes subdurales élastiques, jusqu’à 100 000 fois plus souples que les matériaux traditionnels utilisés dans les implants cérébraux. Ces interfaces, conçues pour une intégration biologique longue durée, pourraient révolutionner le traitement des troubles neurologiques tels que l’épilepsie, la maladie de Parkinson ou les lésions médullaires. L’entreprise emploie actuellement 19 personnes et opère dans six pays, dont les États-Unis, la France, l’Allemagne et la Russie.

Une technologie pionnière au cœur d’un marché en pleine expansion

Le financement intervient dans un contexte de forte dynamique pour le secteur des neurotechnologies. Entre le premier trimestre 2025 et le premier trimestre 2026, les startups spécialisées dans les interfaces cerveau-machine ont levé un total de 2,36 milliards de dollars, selon les données compilées par New Market Pitch. Ce montant, en hausse constante, reflète l’intérêt croissant des investisseurs pour des solutions capables de traiter des pathologies jusqu’ici difficiles à prendre en charge. En Chine seule, les levées de fonds dans le domaine des ICM ont atteint 520 millions de dollars au premier trimestre 2026, dépassant déjà le total de l’année 2025.

Neurosoft se distingue par son approche centrée sur la souplesse des matériaux et la mini-invasivité des procédures. Ses interfaces, compatibles avec des applications subchroniques, pourraient faciliter des essais cliniques plus longs et plus sûrs, un atout majeur pour accélérer l’accès des patients à des thérapies innovantes. La startup collabore avec des institutions académiques telles que l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), où la professeure Stéphanie Lacour, cofondatrice et vice-présidente aux initiatives stratégiques, contribue activement à la recherche.

Un écosystème concurrentiel et des défis réglementaires persistants

Si Neurosoft affiche une croissance rapide, elle évolue dans un écosystème concurrentiel, marqué par la présence de géants comme Neuralink (Elon Musk) ou Merge Labs (soutenu par OpenAI), ainsi que par des acteurs émergents en Chine, tels que Gestala, qui a levé 21 millions de dollars en mars 2026 pour développer des technologies non invasives basées sur les ultrasons. Aux États-Unis, Axoft a récemment annoncé une levée de 55 millions de dollars pour faire avancer son interface vers une approbation par la FDA en 2027, utilisant un matériau 10 000 fois plus souple que les implants actuels.

Un écosystème concurrentiel et des défis réglementaires persistants
Neurosoft Bioelectronics électrodes souples technologie médicale

Les défis restent cependant nombreux. La réglementation des dispositifs médicaux implantables reste stricte, notamment aux États-Unis et en Europe, où les procédures d’homologation peuvent s’étendre sur plusieurs années. Neurosoft, qui a déjà levé 3,42 millions de dollars depuis sa création, doit désormais démontrer la faisabilité clinique de ses technologies à grande échelle. La levée de fonds récente lui offrira les moyens d’accélérer ses essais précliniques et de renforcer son équipe, tout en préparant les étapes critiques de validation réglementaire.

Quelles perspectives pour Neurosoft et le secteur des neurotechnologies ?

À court terme, Neurosoft Bioelectronics devrait se concentrer sur l’optimisation de ses interfaces pour des applications cliniques précises, tout en consolidant ses partenariats avec des centres hospitaliers et des laboratoires de recherche. Le financement levé pourrait également servir à élargir sa gamme de produits, notamment en explorant des applications au-delà du domaine médical, comme l’interface cerveau-machine pour des usages cognitifs ou de réalité augmentée.

Sur le plan sectoriel, l’afflux de capitaux dans les neurotechnologies devrait continuer à stimuler l’innovation, mais aussi à attirer l’attention des régulateurs sur les questions éthiques et de sécurité. La course à la commercialisation s’annonce intense, avec des acteurs variés — des startups agiles aux grands groupes technologiques — cherchant à dominer un marché en pleine maturation. Pour Neurosoft, l’enjeu sera de transformer son avance technologique en succès commercial, tout en naviguant dans un environnement réglementaire de plus en plus exigeant.

Une chose est sûre : l’ère des interfaces cerveau-machine est bel et bien lancée, et les prochaines années pourraient voir émerger des solutions capables de redéfinir les limites de la médecine et de l’interface homme-machine.

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