Nigel Farage fait face à la perspective d’une nouvelle élection partielle à Clacton avant Noël, alors qu’une enquête parlementaire sur un don non déclaré de cinq millions de livres sterling s’approche de son terme. Les rivaux politiques s’organisent déjà pour un scrutin potentiel.
L’enquête de l’ancien et le don de Christopher Harborne
Le dirigeant de Reform UK, Nigel Farage, a été interrogé le mois dernier au Palais de Westminster par Daniel Greenberg, le commissaire parlementaire aux normes. L’entretien de trente minutes s’inscrit dans le cadre d’une enquête visant à déterminer si le député aurait dû déclarer une contribution financière de cinq millions de livres versée par le milliardaire des cryptomonnaies Christopher Harborne peu avant les élections générales de 2024.

M. Farage a soutenu que ce versement constituait une affaire personnelle non politique, le qualifiant initialement de fonds destiné à assurer sa sécurité avant d’évoquer une récompense pour ses vingt-sept ans de campagne en faveur du Brexit.
Par ailleurs, Christopher Harborne s’est associé à Ben Delo pour verser un total de 72 millions de livres au parti Reform UK à travers des dons jumelés de 36 millions de livres chacun, ce qui a déclenché de nouvelles exigences pour un plafond global sur les contributions financières. Tandis que Christopher Harborne résidait auparavant en Thaïlande, des informations parues en juin ont indiqué qu’il s’était inscrit sur les listes électorales dans le Hampshire.
L’interview de 30 minutes a eu lieu au Palais de Westminster le mois dernier, a-t-il dit, selon Yahoo News UK.
Le calendrier serré d’une potentielle élection partielle à Clacton
Le rapport du commissaire est attendu par le comité des normes de la Chambre des communes dès le retour du Parlement, et les conclusions du rapport de Daniel Greenberg doivent être transmises d’ici quelques jours. Selon certaines informations de presse, le document pourrait préconiser une suspension de trente jours pour le député, tandis que d’autres évoquent une sanction plus lourde menant à une période de suspension prolongée. Les sources proches de l’enquête indiquent que le processus pourrait également déboucher sur une pétition de rappel si la sanction d’exclusion dépasse dix jours de séance et que la Chambre des communes approuve cette mesure, ce qui nécessiterait la récolte des signatures de 10 % des électeurs de la circonscription sur une durée de six semaines. La police métropolitaine mène parallèlement une enquête criminelle distincte concernant des accusations de violation des lois sur les financements étrangers par Reform UK.
Un tel processus ouvrirait la voie à une nouvelle élection partielle avant les fêtes de fin d’année, un scénario activement préparé par les partis d’opposition. De son côté, le parti Restore Britain, dirigé par Rupert Lowe, a averti qu’il présenterait également un candidat en cas de nouvelle élection, risquant ainsi de diviser à nouveau les suffrages de la droite. Farage défendra son siège à nouveau, le parti ayant récemment réorganisé son siège social et lancé une chaîne Reform TV dotée d’une équipe de douze journalistes sous la direction de l’ancien producteur de GB News Aaron Lobo. Farage avait remporté le siège avec une majorité de 8 000 voix face au député conservateur sortant Giles Watling, dans une circonscription qui avait pourtant été remportée par les conservateurs avec une majorité supérieure à 25 000 voix en 2019 en l’absence de candidat du Parti du Brexit.
La stratégie des partis et le souvenir du scrutin d’août
Farage en pleine tourmente financière, les grands partis de Westminster avaient choisi de boycotter le scrutin. M. Farage l’avait emporté avec 22 239 voix, soit 63,3 pour cent des suffrages, devançant notamment le candidat excentrique Count Binface — dont le véritable nom est Jon Harvey —, qui avait recueilli 9 455 voix et 26,9 pour cent des suffrages. L’ensemble des votes exprimés lors de ce scrutin a permis au chef de Reform UK d’accroître son soutien total brut grâce à 22 239 électeurs. Farage l’emporterait vraisemblablement face à une alliance entre conservateurs et travaillistes, avec des prévisions de vote s’établissant à 47 % pour le dirigeant de Reform UK contre 42 % pour le candidat conservateur.

Cette fois-ci, les dynamiques s’annoncent différentes puisque les formations majeures comptent bien participer à la course. Le Parti travailliste envisage d’aligner un candidat de substitution pour maintenir sa présence sur les bulletins de vote, laissant ainsi aux conservateurs le champ libre pour mener une campagne plus offensive face au dirigeant populiste.