Deux siècles d’histoire littéraire se croisent dans les pages du Figaro, qui célèbre son bicentenaire en rendant hommage aux grands noms de la littérature française et étrangère qui ont contribué à façonner son identité.
Depuis sa fondation, le journal a toujours été un creuset d’idées et de talents, offrant une tribune à des poètes, romanciers, dramaturges et polémistes, qu’ils soient déjà reconnus ou en quête de notoriété. Cette tradition d’ouverture a permis de révéler des voix singulières et de refléter les évolutions de la société.
Dès 1830, Henri de Latouche a pris le risque de donner sa chance à une jeune écrivaine prometteuse, George Sand. Quelques années plus tard, en 1854, Hippolyte de Villemessant a invité Théodore de Banville, Jules Barbey d’Aurevilly et Charles Baudelaire à enrichir ses colonnes. Cependant, Baudelaire n’a pas été épargné par la critique : en 1857, Gustave Bourdin a sévèrement critiqué son œuvre Les Fleurs du mal.
Le Figaro, conscient de son erreur, a publié en 1864 Le Spleen de Paris, une œuvre qui témoigne de l’atmosphère mélancolique de la capitale. Dans la lignée de Latouche et Sand, Villemessant a également soutenu un jeune journaliste de 28 ans, aux convictions politiques de gauche, Jules Vallès. Ce dernier écrira plus tard, depuis son exil londonien : « Écrire à ma guise, je… »