Home Santé‘Nous [are] je me fais juste manger vivant là-bas

‘Nous [are] je me fais juste manger vivant là-bas

by Sophie Martin

Publié le 24 juin 2025 à 18h45. La multiplication des moustiques, favorisée par le réchauffement climatique, inquiète les autorités sanitaires aux États-Unis, où ces insectes sont désormais considérés comme les animaux les plus mortels de la planète. Des changements de comportement et de propagation des maladies sont observés.

  • Le réchauffement climatique favorise la prolifération des moustiques et modifie leurs habitudes.
  • Ces insectes sont vecteurs de maladies graves telles que le paludisme, la dengue et le virus du Nil occidental.
  • Des espèces hybrides de moustiques, plus efficaces pour propager les maladies, émergent.

Les chaleurs estivales, bien que propices aux loisirs de plein air, voient également le retour des moustiques, et cette année, leur présence semble plus marquée qu’à l’accoutumée. Selon Radio Nationale Publique, le temps plus chaud et plus humide crée un environnement idéal pour leur développement.

Doug Bidlack, entomologiste au sein du projet de lutte contre les moustiques d’East Middlesex, explique que l’augmentation des températures entraîne des modifications dans les populations de moustiques. D’autres spécialistes soulignent que ces changements climatiques peuvent également affecter leur comportement, leur habitat, et même la manière dont les agents pathogènes se développent et se propagent à l’intérieur de leur corps.

Le changement climatique, lié à l’augmentation des gaz à effet de serre, est directement pointé du doigt. Les habitants du Massachusetts témoignent déjà d’une aggravation de la situation. Abigail Krich-Starr, résidant dans l’est de l’État, confie à NPR :

« Le simple fait d’être dans notre jardin chaque année, ces dernières années, est devenu de plus en plus difficile. L’année dernière… nous étions juste en train de nous faire manger vivants. »

Abigail Krich-Starr, habitante de l’est du Massachusetts

L’inquiétude est d’autant plus grande que les moustiques ne sont pas de simples nuisances. Ils sont porteurs de maladies potentiellement mortelles, telles que le paludisme, la dengue, le virus du Nil occidental, le chikungunya, la fièvre jaune et le Zika, selon le Programme mondial contre les moustiques. Il n’est donc pas étonnant que ces insectes soient qualifiés d’« animaux les plus mortels de la planète ».

Une analyse récente du Washington Post, datée de 2024, révèle que la durée moyenne des « jours propices aux moustiques » – définis comme des journées avec une humidité moyenne d’au moins 42 % (valeur d’origine conservée) et des températures comprises entre 5 et 43 °C (50 et 95 °F) – s’allonge considérablement, de plusieurs jours à plusieurs semaines. À Wilmington, en Caroline du Nord, cette période a déjà augmenté de 11 jours depuis 1979.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Université d’État de l’Utah ont observé la formation d’espèces hybrides de moustiques. Les moustiques domestiques du sud migrent vers le nord et se reproduisent avec les moustiques domestiques du nord. Ces deux espèces étant porteuses du virus du Nil occidental, le moustique hybride résultant présente une capacité accrue à propager ce virus.

Vivian Zeng, directrice de la santé publique de Sudbury, dans le Massachusetts, recommande quelques précautions pour se protéger pendant la saison des moustiques. Elle suggère de se renseigner sur les programmes de surveillance des moustiques mis en place dans votre région, afin de connaître le niveau de risque local. Il est également conseillé d’éviter de sortir au crépuscule et à l’aube, périodes où les moustiques sont les plus actifs. Enfin, le port de vêtements couvrants et l’utilisation de répulsifs contenant du DEET (approuvés par l’EPA) ou de sprays à base de perméthrine pour les vêtements et l’équipement de plein air sont recommandés.

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