Publié le 24 octobre 2025 à 05h12. Une nouvelle carte virtuelle, la Dolphin Card, permet aux détenteurs de Bitcoin de l’utiliser pour des achats en ligne quotidiens, sans les contraintes habituelles liées à la vérification d’identité.
- La carte virtuelle Aqua, gérée par JAN3, se configure facilement et ne requiert aucun processus KYC (Know Your Customer).
- Le rechargement de la carte se fait via une transaction sur le réseau Bitcoin, avec un délai de confirmation variable.
- La carte a été testée avec succès sur Amazon.com, mais a rencontré des difficultés avec Spotify en raison de restrictions géographiques.
L’adoption du Bitcoin comme outil d’épargne et réserve de valeur est désormais bien établie. Cependant, son utilisation pour les transactions quotidiennes reste un défi. Plusieurs solutions émergent pour combler ce fossé entre le réseau Bitcoin et le système financier traditionnel, et la Dolphin Card en est un exemple récent.
Nous avons testé cette nouvelle carte virtuelle rechargeable, gérée via le portefeuille Aqua développé par la société JAN3, afin d’évaluer sa fonctionnalité, sa simplicité d’utilisation et sa praticité. Voici notre expérience, étape par étape, de la configuration initiale à l’achat en ligne.
Premiers pas : une configuration simple et sans KYC
Le processus commence par le téléchargement de l’application Aqua, un portefeuille Bitcoin disponible pour les appareils mobiles Android ou iOS. Comme pour tout portefeuille de garde autonome, la première étape cruciale consiste à noter et à conserver précieusement la phrase de récupération de 12 mots, qui donne à l’utilisateur le contrôle total de ses fonds.
Pour accéder aux fonctionnalités de la carte, il est nécessaire de créer un compte JAN3 directement dans l’application. L’un des aspects les plus remarquables de cette étape est l’absence d’exigence de données personnelles. Seule une adresse e-mail est demandée, sans qu’il soit nécessaire de passer par un processus de vérification d’identité (KYC) impliquant des documents ou des photos. Cette approche, qui privilégie la confidentialité, permet à quiconque de s’inscrire avec une adresse e-mail dédiée, si souhaité.
Une fois le compte créé, l’activation de la carte – actuellement disponible uniquement en version virtuelle – est une procédure rapide. L’application affiche immédiatement les informations nécessaires pour tout achat en ligne : numéro de carte, date d’expiration et code de sécurité (CVV). Il est important de noter qu’il s’agit d’une carte sans nom, c’est-à-dire que le nom du titulaire n’y figure pas, un aspect que nous avons testé ultérieurement.

Recharger la carte : une transaction sur le réseau Bitcoin
La carte virtuelle étant active, nous avons procédé au rechargement. La méthode est simple et intuitive depuis l’application, en utilisant le solde du portefeuille Aqua. Lors de notre première tentative, nous avons voulu charger l’équivalent de 20 dollars américains en Bitcoin. Cependant, l’opération a échoué. La raison est simple : recharger la carte implique une transaction en chaîne, c’est-à-dire une transaction classique sur le réseau Bitcoin, nécessitant le paiement de frais de transaction aux mineurs. En tentant de recharger avec la totalité du montant, il ne restait plus suffisamment de satoshis pour couvrir ces frais.
En ajustant le montant, nous avons pu envoyer l’équivalent de 15 dollars en Bitcoin. La transaction a été envoyée au réseau, et nous avons constaté un autre point important : le crédit des fonds sur la carte n’était pas instantané. Il a fallu attendre 3 à 4 confirmations sur le réseau. Bien que cela ajoute une couche de sécurité, une accréditation après la première confirmation pourrait accélérer le processus pour les utilisateurs recherchant l’immédiateté.

Il est important de préciser que le rechargement peut également se faire avec les soldes détenus en Liquid Bitcoin (L-BTC) et USDT, tous deux sur Liquid, un réseau de deuxième couche pris en charge par Aqua qui permet des transactions plus rapides et moins chères que sur le réseau Bitcoin.
Un aspect essentiel du fonctionnement de la Dolphin Card est qu’une fois les fonds crédités, le solde Bitcoin est automatiquement converti en dollars américains. Pour l’instant, la plateforme ne propose pas de conserver le solde en Bitcoin, une fonctionnalité qui pourrait être intéressante pour les futurs développements, permettant aux utilisateurs de choisir l’actif dans lequel conserver leur solde (y compris celui utilisé pour les achats).
Tester la carte
Avec un solde de 15 dollars sur la carte, nous avons testé son utilisation pour un achat réel. Nous avons d’abord tenté de payer un abonnement mensuel à Spotify depuis l’Argentine, mais la plateforme a refusé le paiement, indiquant que la carte n’était pas associée au pays de l’utilisateur. Étant une carte émise aux États-Unis et libellée en dollars, le système Spotify ne permettait pas son utilisation pour un service situé en Argentine (et pour des raisons de coût, changer de « résidence » dans Spotify n’était pas viable).
C’est un facteur à prendre en compte pour les utilisateurs de différentes juridictions, car de nombreux services en ligne peuvent restreindre les paiements aux cartes émises dans le même pays de facturation. Il convient également d’évaluer la commodité en fonction du taux de change.
Nous avons ensuite testé la carte sur Amazon.com. Pour limiter les coûts, nous avons recherché un produit à un dollar, un livre numérique. Nous avons finalement acquis au hasard une œuvre littéraire, « Paroles du cœur, tome 8 », dans le seul but de compléter le test.
Lors de la saisie des informations de paiement sur Amazon, une question s’est posée : la plateforme exigeait le nom du titulaire de la carte, mais la Dolphin Card est anonyme. Nous avons saisi notre propre nom et prénom. À notre surprise, la transaction a été acceptée sans problème.
Le débit a été instantané. Dès qu’Amazon a confirmé l’achat, le solde en dollars de la Dolphin Card a été mis à jour dans l’application Aqua, reflétant le montant réduit. L’opération a été un succès.
Conclusions : une expérience positive avec des marges d’amélioration
L’expérience avec la Dolphin Card d’Aqua a été globalement très positive. La carte a rempli son objectif principal : permettre de dépenser du Bitcoin pour acheter des produits et des services dans les commerces acceptant les paiements par carte traditionnelle. La facilité de configuration et le respect de la vie privée sont ses principaux atouts.
Aucun défaut majeur n’a été constaté, mais des améliorations pourraient enrichir l’expérience. La possibilité de créditer les fonds après la première confirmation du réseau Bitcoin réduirait considérablement les délais d’attente. De même, offrir la possibilité de conserver le solde en Bitcoin serait un atout pour les utilisateurs qui préfèrent ne pas se séparer de leur actif numérique. Enfin, la disponibilité future de cartes physiques augmenterait considérablement leur utilité, permettant leur utilisation dans les commerces physiques.
En résumé, la Dolphin Card se présente comme un pont fonctionnel et bien conçu entre le réseau Bitcoin et l’écosystème mondial des paiements, démontrant que l’utilisation de la monnaie numérique dans la vie quotidienne devient de plus en plus accessible.
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