Publié le 2025-12-02. L’Andalousie ambitionne de renforcer son rôle sur la scène internationale avec l’approbation d’une nouvelle stratégie d’action extérieure, saluée par d’anciens responsables de la diplomatie espagnole, mais jugée par certains un peu trop ambitieuse.
- L’Andalousie a adopté une stratégie pour projeter son influence au-delà de ses frontières, notamment en Europe, en Méditerranée et en Amérique latine.
- Alphonse Dastis, ancien ministre des Affaires étrangères, a soutenu l’initiative tout en soulignant son caractère ambitieux.
- La stratégie s’inscrit dans la continuité des mandats de Juanma Moreno et vise à renforcer la présence économique et culturelle de la région.
Séville a accueilli ce lundi la présentation de la nouvelle Stratégie d’action étrangère et devant l’Union européenne, récemment approuvée par le gouvernement andalou. L’initiative, qui constitue un pilier central des mandats de Juanma Moreno, vise à accroître la visibilité de la communauté autonome sur la scène internationale. L’ancien ministre des Affaires étrangères, Alphonse Dastis, a participé à l’événement, soulignant avec une pointe d’ironie que, bien qu’il salue l’initiative, elle lui semble “un peu trop ambitieuse”.
Dastis était accompagné du ministre du Tourisme et de l’Action étrangère, Arturo Bernal, et de Pablo Rupérez, diplomate et directeur des affaires européennes chez Llorente et Cuenca. Enrique Millo, secrétaire général de l’action étrangère et de l’UE, a également été présent. Millo, ancien délégué du gouvernement central en Catalogne durant la période de tensions liées à la question de l’indépendance, a été réintégré au sein de l’administration andalouse après une période difficile et est désormais une figure influente au sein de l’exécutif régional.
La présence de Millo, ancien cadre du Parti Populaire catalan (issu initialement de l’Uniò), a suscité des comparaisons avec les stratégies déployées par les mouvements indépendantistes catalans pour légitimer leurs aspirations à la souveraineté. Bernal et Millo ont toutefois insisté sur la différence fondamentale entre l’approche andalouse et celle de leurs anciens collègues, notamment ceux qui soutiennent Charles Puigdemont et son parti, Ensemble pour la Catalogne.
« Nous n’agissons pas comme la Catalogne, nous ne commencerons pas à ouvrir des ambassades »,
Arturo Bernal, Ministre du Tourisme et de l’Action étrangère
Bien que le Conseil andalou maintienne des délégations à Madrid et à Bruxelles, ainsi qu’une antenne rouverte à Barcelone, il ne prévoit pas d’ouvrir de nouvelles ambassades. La légation de Barcelone se concentre principalement sur le développement commercial, à l’instar des dizaines de bureaux que le Conseil possède sur les cinq continents dans le cadre du réseau Extenda, lancé par les socialistes pour promouvoir les exportations. Juanma Moreno se présente d’ailleurs comme le “premier commercial d’Andalousie” et privilégie cette approche dans ses efforts de promotion internationale.
Les responsables andalous ont souligné l’importance de la “fidélité institutionnelle” qui sous-tend l’ensemble de la stratégie, en s’appuyant sur les compétences et les prérogatives de la communauté autonome. Ils ont également mis en avant le potentiel de l’Andalousie pour jouer un rôle plus important sur la scène mondiale, notamment grâce aux voyages de Moreno au Japon et en Chine – avec une visite de retour de représentants du Parti communiste chinois – et à sa participation aux sommets de l’ONU sur le climat à Málaga.
L’Union européenne occupe également une place centrale dans cette stratégie, Moreno aspirant à présider le Comité européen des régions (COR) à partir de 2027, bien que ce forum soit considéré comme de second plan à Bruxelles. Dastis a encouragé le gouvernement andalou à utiliser ce forum pour promouvoir les intérêts de la région et à défendre, par exemple, le maintien de la politique de cohésion.
« Nous voulons positionner l’Andalousie dans le monde de manière à ce qu’elle ait le rôle pertinent qu’elle n’avait pas »,
Enric Millo, Secrétaire général de l’action étrangère et de l’UE
Pablo Rupérez a souligné l’importance de promouvoir la “marque Andalousie” dans tous les secteurs du gouvernement, en valorisant non seulement l’économie, mais aussi la culture et la coopération internationale pour le développement. La Méditerranée, l’Amérique latine et Bruxelles sont identifiées comme des zones géographiques prioritaires, avec la Fondation Trois Cultures, co-gérée par l’Andalousie et le Maroc, jouant un rôle clé dans cette stratégie.
