Réglementation des produits du tabac et de la nicotine : un aperçu international
24 septembre 2025, 18h30
Aux États-Unis, la loi fédérale « Tobacco 21 » (2019, renforcée en 2024) interdit la vente de tous les produits du tabac et de la nicotine, y compris les cigarettes électroniques, les HTP et les pochettes de nicotine, aux personnes de moins de 21 ans. En août 2024, la Food and Drug Administration (FDA) a renforcé ces réglementations, en se concentrant sur les produits illégaux et les ventes aux mineurs, en particulier les cigarettes électroniques aromatisées et les sachets de nicotine. Des réglementations complémentaires au niveau des États et des localités incluent la fiscalité (Illinois), les interdictions de saveurs (New York), les restrictions sur les ventes en ligne (Vermont) et les statuts de « génération sans nicotine » (Massachusetts). La FDA propose actuellement une norme de produit du tabac pour réguler le rendement de la nicotine dans les cigarettes et autres produits du tabac combustés d’ici le 15 septembre 2025, visant à réduire la dépendance et à soutenir les individus dans leurs efforts pour arrêter de fumer.
L’Australie réglemente strictement les contenants de nicotine et les cigarettes électroniques, avec des produits de vapotage disponibles uniquement en pharmacie à des fins de sevrage tabagique. Les pochettes de nicotine sont illégales sans ordonnance et n’ont pas été approuvées pour leur sécurité et leur efficacité. La Nouvelle-Zélande régule les cigarettes électroniques, les HTP et les poches de nicotine, en se concentrant sur les saveurs, les niveaux de nicotine et l’âge de vente pour réduire l’attrait pour les jeunes.
Au Royaume-Uni, les réglementations sur le tabac et les produits connexes encadrent les cigarettes électroniques en imposant des restrictions sur la concentration de nicotine, les volumes de remplissage, l’emballage, l’étiquetage et la publicité. Les HTP sont soumis au cadre de tabac générique, tandis que les pochettes de nicotine sont actuellement réglementées uniquement en tant que produits de consommation généraux, sans restrictions sur l’âge de vente, le contenu de la nicotine, les saveurs ou le marketing. L’interdiction des vapes jetables est entrée en vigueur le 1er juin 2025, dans le but de réduire leur utilisation et les risques pour la santé et l’environnement. En février 2025, la France a proposé à la Commission de l’UE d’interdire également les poches de nicotine, les classant comme substances toxiques, une proposition actuellement suspendue suite à des objections de certains États membres.
L’Allemagne réglemente les cigarettes électroniques et les contenants de recharge, interdisant les ventes aux mineurs de moins de 18 ans. Les HTP sont traités comme des produits du tabac conventionnels. Les pochettes de nicotine sont classées comme des « nouveaux aliments » non autorisés et leur vente commerciale est interdite, sauf autorisation spécifique de la réglementation alimentaire nouvelle de l’UE.
La réglementation des cigarettes électroniques représente un défi majeur pour les autorités sanitaires mondiales en raison de l’évolution rapide des produits et de leur popularité croissante, en particulier chez les jeunes. Initialement présentées comme des aides à l’arrêt du tabagisme, les cigarettes électroniques sont devenues des produits récréatifs, souvent commercialisés auprès des adolescents. Les efforts de réglementation varient considérablement d’un pays à l’autre. Bien que tous les pays interdisent formellement la vente de produits de nicotine aux mineurs, l’application de ces règles est variable. Les politiques australiennes semblent particulièrement efficaces pour réduire le vapotage chez les jeunes.
Malgré ces efforts, des lacunes réglementaires persistent. Les vapes sans nicotine restent accessibles aux mineurs, et le marketing sur les médias sociaux échappe souvent aux contrôles d’âge. De nombreuses réglementations imposent des normes de sécurité des produits, mais n’approuvent pas officiellement les cigarettes électroniques comme outils de sevrage tabagique. Le marché en ligne, souvent peu contrôlé, permet également de contourner les interdictions.
En Italie, la réglementation des cigarettes électroniques relève d’une combinaison de lois nationales et européennes, notamment la directive européenne sur les produits du tabac de 2014. L’Italie réglemente les cigarettes électroniques en tant que produits du tabac, interdisant les ventes aux personnes de moins de 18 ans, les ventes en ligne et l’utilisation dans les bâtiments publics. Les HTP sont soumises à des exigences réglementaires plus légères et à une fiscalité préférentielle. Les pochettes de nicotine, initialement non réglementées, sont soumises à un contrôle depuis 2022, mais ne sont pas couvertes par les réglementations du tabac. L’Italie interdit également la publicité pour les cigarettes électroniques et impose une taxe sur les e-liquides.
Le Royaume-Uni a récemment annoncé de nouvelles politiques de vapotage, notamment l’interdiction des vapes jetables, afin de lutter contre le vapotage chez les jeunes. Des études préliminaires suggèrent que cette mesure pourrait stabiliser la prévalence du vapotage chez les jeunes. Aux États-Unis, sept États ont des politiques restreignant la vente de cigarettes électroniques aromatisées, avec des résultats mitigés sur la consommation de tabac et de nicotine.
Une revue systématique a identifié les interdictions de saveurs, les licences de vente, les étiquettes d’avertissement et la fiscalité comme les stratégies réglementaires les plus prometteuses pour prévenir ou réduire l’utilisation de la cigarette électronique chez les jeunes.
Des réformes complètes sont nécessaires, notamment l’alignement des lois sur le vapotage avec celles régissant les produits du tabac, l’interdiction des e-liquides aromatisés, l’application d’emballages simples, la restriction de l’utilisation dans les lieux publics, une surveillance accrue, des politiques fiscales et des campagnes éducatives. Une approche intégrée ciblant le prix, la disponibilité et l’opportunité est essentielle pour protéger les adolescents de l’initiation à la nicotine et pour protéger la santé publique.
L’imposition des e-liquides, l’application de politiques de prix minimum et les licences obligatoires pour les détaillants de vapotage peuvent générer des revenus qui peuvent être réinvestis dans les programmes de prévention. La surveillance continue de l’utilisation de la nicotine chez les adolescents et la recherche sur les effets à long terme du vapotage sont également essentielles.
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