Publié le 24 octobre 2025 à 19h48. Le gouvernement norvégien a été contraint de revoir sa décision d’abandonner le projet de tunnel maritime de Stad, suite à une volte-face du Parlement qui autorise l’administration côtière à négocier de nouvelles réductions de coûts, ravivant les tensions politiques et soulevant des questions sur la transparence de l’exécutif.
- Le gouvernement avait initialement refusé de laisser l’administration côtière négocier des baisses de prix avant les élections.
- Le Parti du Centre accuse le gouvernement d’avoir « court-circuité » le processus pour des raisons tactiques.
- Le Parlement a annulé la décision gouvernementale et donné son feu vert aux négociations, avec un délai fixé au 27 novembre.
La décision du gouvernement de mettre fin au projet de tunnel maritime de Stad, annoncé le 10 octobre par le Premier ministre Jonas Gahr Støre, avait suscité l’indignation de l’opposition. M. Støre avait justifié cette annulation en invoquant un coût devenu « trop élevé » et donc « irresponsable » de poursuivre le projet. Cependant, des révélations récentes, publiées notamment par iSaumon, ont mis en lumière le fait que le ministère du Commerce et de la Pêche avait empêché l’administration côtière d’entamer un dialogue sur les prix bien avant l’annonce officielle.
Selon le secrétaire d’État Even Tronstad Sagebakken, cité par iSaumon : « Il est tout à fait justifié que nous ayons demandé à l’administration côtière d’attendre l’issue des négociations avec les soumissionnaires. » Cette attitude a été vivement critiquée par l’opposition, qui y voit une manœuvre politique visant à masquer une décision prise bien avant les élections.
Trygve Slagsvold Vedum, leader du Parti du Centre (SP), a dénoncé une volonté de « court-circuiter » le processus, estimant que le gouvernement avait privilégié des considérations tactiques à la recherche du meilleur prix. « Le gouvernement a tout simplement court-circuité le processus. Le Storting avait mis de côté des fonds pour connaître les coûts réels. Il est donc surprenant que le gouvernement arrête un processus qui devrait donner le prix le plus bas possible », a-t-il déclaré. Il a également souligné que cette affaire érode la confiance dans l’équipe dirigeante du Parti travailliste.
Alfred Bjørlo (V), ancien maire de la ville, a quant à lui fait le lien avec d’autres décisions controversées prises par le gouvernement, dénonçant une tendance à la dissimulation d’informations et à la manipulation de l’opinion publique. Il a également évoqué le cas de la « supercherie du ferry », une affaire similaire où le gouvernement avait été accusé de tromper les électeurs.
Face à la pression de l’opposition, le Parlement a finalement voté en faveur d’une proposition permettant à l’administration côtière de reprendre les négociations avec les soumissionnaires. Ces derniers ont jusqu’au 27 novembre pour présenter des propositions de réduction des coûts. L’un des prestataires a estimé qu’il pourrait s’agir de « sommes importantes » (sans préciser le montant exact).
Bård Hoksrud (Frp), président de la commission des transports du Storting, a annoncé qu’il demanderait au ministre des Transports de s’expliquer devant le Parlement. « Nous devons clarifier tous les aspects de cette question et mettre tous les faits sur la table », a-t-il déclaré.
Par ailleurs, les trois municipalités concernées – Stad, Kinn et Vanylven – ont réclamé le remboursement des 100 millions de NOK (environ 9,2 millions d’euros) qu’elles ont dépensés en préparation du projet. Une demande que le ministre des Finances, Jens Stoltenberg, a d’emblée rejetée, estimant que les municipalités devaient assumer les risques liés à des projets dont la réalisation n’est pas garantie. « Nous sommes obligés d’entrer dans une époque où nous dépensons de l’argent pour ce qui est le plus important », a-t-il déclaré.
À ne pas manquer
