Publié le 7 décembre 2025. De nouvelles données présentées lors du congrès annuel de l’EULAR soulignent la nécessité d’une surveillance accrue des patients traités par inhibiteurs de Janus kinase (JAKi), en raison de risques potentiels d’événements cardiovasculaires, de cancers et d’infections. Ces médicaments, initialement conçus pour la polyarthrite rhumatoïde, voient leurs applications s’étendre, mais leur profil de sécurité reste un sujet de préoccupation.
- Une étude de surveillance (ORAL) a révélé un risque accru d’événements cardiovasculaires graves, de maladies malignes et d’infections chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) traités par tofacitinib, par rapport aux anti-TNF.
- Les JAKi ne constituent pas une classe homogène de médicaments, leurs effets variant en fonction de leur impact sur les différentes protéines JAK (JAK1, JAK2, JAK3 et TYK2).
- La voie de signalisation JAK/STAT, cible de ces médicaments, est impliquée non seulement dans les maladies rhumatismales, mais aussi dans certains cancers et tumeurs solides.
Les inhibiteurs de Janus kinase (JAKi) sont de plus en plus prescrits pour traiter diverses affections inflammatoires, notamment la polyarthrite rhumatoïde. Cependant, des recherches récentes, présentées lors du congrès annuel 2025 de l’EULAR, mettent en lumière des préoccupations concernant leur sécurité à long terme. Le professeur Kim Lauper, de l’Hôpital universitaire de Genève (HUG), a expliqué que la voie de signalisation JAK/STAT joue un rôle crucial non seulement dans les maladies rhumatismales, mais également dans le développement de néoplasmes myéloprolifératifs et de tumeurs solides. Cette implication étendue explique pourquoi certains JAKi sont déjà approuvés pour le traitement de certains types de cancers.
L’étude ORAL, comparativement menée sur des patients atteints de PR présentant un risque cardiovasculaire, a mis en évidence des différences significatives entre le tofacitinib et les traitements anti-TNF. Selon les résultats, le tofacitinib semble augmenter le risque d’événements cardiovasculaires graves, de maladies malignes et d’infections. Le professeur Lauper a attribué ce risque accru à un blocage des cellules tueuses naturelles, lié à l’inhibition de JAK3/STAT5.
Il est important de noter que les JAKi ne sont pas un groupe uniforme de médicaments. Ils présentent des effets différents sur les différentes protéines JAK (JAK1, JAK2, JAK3 et TYK2), ce qui implique que leur profil de sécurité et leur efficacité peuvent varier considérablement. Cette hétérogénéité souligne la nécessité d’une évaluation individualisée des risques et des bénéfices pour chaque patient.
Ces nouvelles données appellent à une surveillance attentive des patients traités par JAKi, en particulier ceux présentant des facteurs de risque cardiovasculaire ou une prédisposition aux infections. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à ces effets indésirables et pour identifier les patients qui pourraient en être les plus susceptibles.
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