Publié le 6 octobre 2025 à 02h27. Une vaste étude révèle un lien significatif entre certaines infections virales et un risque accru de développer des maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson, ouvrant de nouvelles pistes de recherche sur les facteurs de risque évitables.
- L’analyse de plus de 500 000 dossiers médicaux a identifié 22 associations significatives entre infections virales et maladies neurodégénératives.
- Les personnes ayant souffert d’encéphalite virale présentent un risque 31 fois plus élevé de développer la maladie d’Alzheimer.
- La vaccination contre certains virus, comme la grippe et le zona, pourrait contribuer à réduire le risque de ces maladies.
Des chercheurs ont mis en évidence une corrélation troublante entre des infections virales et le développement de maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. L’étude, basée sur l’analyse de plus de 500 000 dossiers de données médicales, suggère que certains virus pourraient jouer un rôle dans l’apparition de ces affections.
Les résultats de l’étude indiquent que les patients ayant été traités pour une encéphalite virale présentent un risque considérablement accru, multiplié par 31, de développer la maladie d’Alzheimer. De plus, les personnes ayant contracté une pneumonie après une infection grippale semblent plus susceptibles de développer la maladie d’Alzheimer, la démence, la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique (SLA).
D’autres infections virales, telles que la méningite et le zona (causé par le virus varicelle-zona), ont également été associées à un risque accru de développer diverses maladies neurodégénératives. Les chercheurs soulignent que près de 80 % des virus liés à ces maladies sont considérés comme « neurotropes », c’est-à-dire qu’ils sont capables de franchir la barrière hémato-encéphalique et d’affecter directement le cerveau.
L’étude révèle également que les effets de ces infections virales sur le cerveau peuvent persister pendant une période prolongée, allant jusqu’à 15 ans dans certains cas. Il est important de noter que les chercheurs n’ont identifié aucun effet protecteur de l’exposition aux virus.
Bien que l’étude ne puisse établir de lien de causalité direct, elle renforce l’hypothèse selon laquelle les infections virales et l’inflammation qu’elles provoquent pourraient être des facteurs de risque modifiables pour les maladies neurodégénératives. Les chercheurs insistent sur l’importance de la prévention par la vaccination, notamment contre la grippe, le zona et la pneumonie, des vaccins qui ont démontré leur efficacité pour réduire les taux d’hospitalisation.
Des recherches antérieures, menées en 2022, avaient déjà établi un lien entre le virus d’Epstein-Barr et un risque accru de sclérose en plaques, multiplié par 32. Ces découvertes s’inscrivent dans une nouvelle approche de la recherche, qui consiste à explorer systématiquement toutes les connexions possibles entre les infections virales et les maladies neurodégénératives.
Les chercheurs soulignent que ces résultats, issus d’une étude observationnelle rétrospective, ne peuvent prouver une relation de cause à effet. Cependant, ils s’ajoutent à un nombre croissant de données suggérant le rôle des virus dans le développement de la maladie de Parkinson et de la maladie d’Alzheimer. Ils suggèrent que les infections virales et l’inflammation associée pourraient représenter des facteurs de risque évitables pour ces maladies.

