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Novobanco a changé la direction du marché

by Amélie Bernard

Publié le 18 janvier 2026 18h00. Le marché portugais des fusions-acquisitions a connu une reprise inattendue en 2025, dopée par la vente de Novobanco au groupe français BPCE, après deux années de baisse consécutive.

  • Le volume total des transactions a atteint 17,56 milliards d’euros, soit une augmentation de 28,15 % par rapport à 2024.
  • La vente de Novobanco à BPCE, évaluée à 6,4 milliards d’euros (plus les participations de l’État), a été le catalyseur de cette dynamique positive.
  • Le capital-investissement a plus que doublé, tandis que le capital-risque a connu une baisse.

L’année 2025 s’annonçait morose pour les fusions et acquisitions au Portugal. Après deux années de recul – 18,5 % en 2024, à 11,1 milliards d’euros, après une baisse de 0,6 % à 654 opérations – les acteurs du marché anticipaient une reprise timide, voire inexistante. Pourtant, un événement majeur a bouleversé les prévisions : la vente de Novobanco au groupe Banque Populaire – Caisse d’Épargne (BPCE). Cette opération, d’une valeur annoncée de 6,4 milliards d’euros, qui devrait dépasser ce montant une fois la participation de l’État cédée, a redynamisé l’ensemble du marché.

Avec cette transaction, qui représente de loin la plus importante enregistrée au Portugal depuis une décennie, le marché a radicalement changé de cap. Les données de TTR Data révèlent une augmentation de 28,15 % de la valeur investie, atteignant 17,56 milliards d’euros – le chiffre le plus élevé depuis 2021. Le nombre d’opérations a certes diminué légèrement, de 0,46 %, pour s’établir à 655, mais l’impact financier a été considérable.

L’opération Novobanco a particulièrement stimulé le segment du capital-investissement, dont la valeur a plus que doublé (+123,2 %) pour atteindre 8,559 milliards d’euros en 107 opérations. Il est à noter que seulement 30 % de la valeur totale de ces transactions ont été rendues publiques. Cette évolution s’explique par la sortie de fonds internationaux d’actifs matures et par la réalisation de transactions industrielles de grande envergure, comme celles impliquant Lone Star et BPCE.

Les acquisitions d’actifs ont également progressé, de 30,55 %, pour atteindre 4,36 milliards d’euros. L’immobilier reste le secteur le plus actif, avec 72 opérations, mais les énergies renouvelables suscitent un intérêt croissant, avec 14 transactions, soit une augmentation de 40 % par rapport à 2024.

À l’inverse, le capital-risque a connu une baisse de 17,56 % en termes de montants traités, s’élevant à 830 millions d’euros, en phase avec une normalisation du cycle post-technologique. Le nombre d’opérations ciblant les logiciels pour le secteur de la santé et Internet a augmenté, tandis que celles liées à l’industrie ont diminué.

Répercussions sur les conseils

L’impact de la transaction Novobanco se fait également sentir dans le classement des conseillers financiers et juridiques. Bank of America, grâce à son rôle dans cette opération, occupe désormais la première place du classement des conseillers financiers, une position qu’elle n’avait pas occupée en 2024. Il en va de même pour Linklaters, devenu premier conseiller juridique en conseillant Novobanco dans cette vente. CS’Associados, du côté de l’acheteur, et DLA Piper, du côté du vendeur, ont également grimpé au sommet du classement.

Parmi les acteurs impliqués dans l’opération Novobanco, VdA se distingue particulièrement, occupant la deuxième place du classement en termes de valeur, avec 6,94 milliards d’euros.

En matière de conseil, Deloitte s’est distingué en termes de valeur, suivi par EY, inversant ainsi leurs positions en termes de nombre d’opérations.

L’année 2025 se conclut donc sur une note positive, marquant une reprise après la baisse observée en 2024, et confirmant la volatilité du marché portugais des fusions-acquisitions depuis le début de la décennie. Les acteurs du marché se montrent prudemment optimistes pour l’avenir, soulignant la présence de nombreuses opérations en cours, dont certaines de grande envergure. L’incertitude géopolitique et l’évolution de la politique monétaire pourraient toutefois retarder leur conclusion. Néanmoins, sans une opération de l’ampleur de celle de Novobanco, il sera difficile pour 2026 de maintenir cette dynamique de croissance.

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