Home Divertissement‘Nuremberg’ review: Crowe and Malek in a tonally uncertain Nazi psychodrama

‘Nuremberg’ review: Crowe and Malek in a tonally uncertain Nazi psychodrama

by Antoine Girard

Le nouveau film de James Vanderbilt, Nuremberg, plonge au cœur du procès historique des hauts dignitaires nazis, explorant les zones d’ombre de la psyché humaine face à l’horreur et la complexité de la justice. Porté par des performances saisissantes de Russell Crowe et Rami Malek, le film interroge la banalité du mal et la capacité de l’homme à commettre l’irréparable.

L’intrigue s’articule autour de la relation singulière entre le Dr Douglas Kelley (Rami Malek), un psychiatre de l’armée américaine, et Hermann Göring (Russell Crowe), l’ancien Reichsmarschall allemand, durant la préparation du procès de Nuremberg. Kelley est chargé d’évaluer les commandants nazis emprisonnés à Luxembourg, une mission qui le fascine autant qu’elle l’inquiète. Il est rapidement frappé par la diversité des narcissismes qu’il observe, mais comprend également que cette tâche lui offre une opportunité unique d’explorer les mécanismes psychologiques à l’œuvre chez ces criminels de guerre.

Le film s’inspire du livre The Nazi and the Psychiatrist de Jack El-Hai, et révèle comment Kelley, en cherchant à comprendre Göring, se laisse progressivement dépasser par son patient. Il finit par devenir un intermédiaire entre le maréchal et sa famille, toujours en cavale, transportant des lettres et s’immergeant dans un rapport professionnel de plus en plus trouble. Kelley découvre alors que Göring, derrière sa façade de mégalomane arrogant et manipulateur, n’est qu’un homme – ce qui rend d’autant plus difficile à accepter l’ampleur des atrocités qu’il a contribué à planifier et à exécuter.

Nuremberg rappelle avec force une leçon essentielle du procès de Nuremberg : les nazis étaient des individus, des êtres humains capables de commettre des horreurs indicibles. Le film ne détourne pas le regard face à la réalité des camps de concentration, intégrant des images poignantes qui rappellent l’ampleur de la tragédie. « Les êtres humains, et non des monstres, ont été les architectes de la Solution finale », souligne le film.

Michael Shannon incarne Robert Jackson, le procureur américain qui, malgré les obstacles logistiques et juridiques considérables, refuse d’abandonner l’idée de traduire les criminels nazis en justice. Son obstination est le point de départ du procès historique.

Si les performances de Crowe et Shannon dominent le film, l’interprétation de Malek, bien que intéressante, apparaît parfois déséquilibrée. Vanderbilt a cherché à donner à Nuremberg une esthétique rétro, mais le choix d’une colorimétrie grise et désaturée, évoquant une photographie ancienne délavée, s’avère discutable.

Le réalisateur peine également à trouver un ton cohérent, alourdissant le récit de sous-intrigues qui affaiblissent l’ensemble. L’histoire d’un jeune officier américain (interprété par Leo Woodall), basée sur des faits réels, est touchante, mais les personnages féminins sont sous-développés : une journaliste intrusive (Lydia Peckham) et la greffière de Jackson (Wrenn Schmidt) se réduisent à des rôles secondaires, leurs noms à peine mentionnés au cours du film.

Malgré ses imperfections, Nuremberg reste un film important, dont le message, bien que tardif, conserve toute sa pertinence dans le contexte actuel. Le film, qui sortira en salles le 7 novembre, rappelle que la vigilance est de mise face à la résurgence des idéologies extrémistes.

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