Publié le 25 décembre 2025 à 11h09. Nvidia a choisi une stratégie originale pour s’assurer les talents et les technologies clés dans le domaine de l’intelligence artificielle : au lieu d’une acquisition pure et simple, l’entreprise conclut un accord de licence avec la startup Groq, évitant ainsi d’éventuels obstacles réglementaires.
- Nvidia s’associe au fondateur et à d’autres employés clés de Groq, une entreprise spécialisée dans les puces d’IA.
- L’accord prend la forme d’une licence technologique plutôt que d’une acquisition classique, une tendance croissante dans la Silicon Valley.
- Cette manœuvre permet à Nvidia de renforcer son expertise en matière d’inférence d’IA, un domaine crucial pour les chatbots et autres applications.
Nvidia a annoncé le jour de Noël la conclusion d’un accord avec Groq, une startup prometteuse dans le secteur des processeurs d’intelligence artificielle. Plutôt qu’une acquisition directe, l’entreprise américaine a opté pour un accord de licence, permettant à Nvidia d’intégrer la technologie de Groq dans ses futurs produits. Cette approche, de plus en plus prisée par les géants de la technologie, vise à contourner les contrôles antitrust de plus en plus stricts.
L’accord prévoit l’arrivée au sein de Nvidia de Jonathan Ross, fondateur de Groq et ancien ingénieur en puces chez Google, ainsi que de Sunny Madra, le président de la startup. Groq continuera cependant à fonctionner comme une entité indépendante, sous la direction d’un nouveau PDG, selon un communiqué de l’entreprise. La startup se concentre sur le développement de puces optimisées pour l’« inférence » de l’IA – le processus qui permet aux chatbots comme ChatGPT d’OpenAI ou Gemini de Google de fournir des réponses pertinentes aux requêtes des utilisateurs.
Groq avait été valorisée à 6,9 milliards de dollars lors d’un tour de financement de 750 millions de dollars en septembre dernier. L’entreprise affirme que ses puces de traitement du langage sont jusqu’à dix fois plus économes en énergie que les processeurs graphiques (GPU) fabriqués par Nvidia et son concurrent AMD. Le fondateur de Groq, Jonathan Ross, a notamment contribué au développement du programme de puces Google AI Tensor Processing Unit (TPU), largement reconnu comme un atout majeur dans l’arsenal d’IA de Google et ayant permis à Gemini de rivaliser avec ChatGPT .
Nvidia acquiert ainsi le droit d’utiliser la technologie de Groq et d’intégrer sa conception de puce dans ses futurs produits. Les puces à faible latence de Groq, réputées pour leur réactivité, pourraient apporter de nouvelles fonctionnalités aux offres de Nvidia. Cette stratégie s’inscrit dans une tendance observée chez d’autres géants technologiques, qui préfèrent les accords de licence aux acquisitions directes pour éviter les enquêtes antitrust.
Meta, dirigée par Mark Zuckerberg, avait déjà emprunté cette voie en investissant massivement dans la startup Scale AI pour obtenir une licence sur sa technologie et attirer son fondateur, Alexander Wang. Microsoft a également procédé de la même manière l’année dernière en acquérant des personnalités clés du projet Inflection AI, dont le fondateur Mustafa Suleyman, qui avait participé à la création du laboratoire DeepMind de Google. Google a quant à lui acquis les fondateurs de la startup Character.ai par le biais d’accords similaires , et Amazon a adopté une approche similaire avec la startup Adept AI.
Selon Bloomberg, cette stratégie permet à Nvidia de renforcer ses capacités et de maintenir l’attention de ses clients et de nouveaux utilisateurs sur ses technologies, alors que Google, Microsoft et Amazon intensifient leurs efforts dans le domaine de l’IA. De nombreux clients de Nvidia développent en effet leurs propres processeurs d’IA ou explorent des alternatives aux GPU de l’entreprise, comme les TPU de Google.
C’est pourquoi Nvidia, sous la direction de son fondateur et PDG Jensen Huang, continue d’innover et d’enrichir son offre de produits.
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