Home NouvellesOccitan : Les oubliés de la littérature française / L’oubli de la littérature française

Occitan : Les oubliés de la littérature française / L’oubli de la littérature française

by Nicolas Lefèvre

Une pétition signée par plus de 18 000 personnalités réclame l’intégration des littératures régionales françaises dans les programmes scolaires, une initiative qui semble avoir trouvé un écho favorable auprès du ministère de l’Éducation nationale.

L’absence d’auteurs comme Max Rouquette (occitan), Pierre-Jakez Hélias (breton) ou Axel Gauvin (réunionnais) des cursus scolaires est dénoncée par un collectif d’intellectuels, dont le professeur honoraire de l’université de Montpellier, Philippe Martel. « Aucune, répond Philippe Martel » lorsqu’on lui demande quelle place est faite à ces auteurs. Il souligne l’ironie du sort réservé à Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature en 1904 pour son œuvre en provençal : « Il écrivait en provençal. Qui l’étudie ? Personne ! »

Lancée il y a trois ans, la pétition demande explicitement que les littératures écrites en langues régionales de France soient étudiées aux côtés des œuvres en français, avec des textes traduits pour faciliter leur accès. « Il est dommage de se priver de la richesse littéraire de notre pays sous prétexte qu’elle est écrite en corse ou en basque. Bien évidemment, les textes étudiés seront traduits en français », explique le collectif.

La démarche a bénéficié du soutien de figures de la culture comme l’historienne Mona Ozouf, l’écrivain Francis Cabrel, et les artistes I Muvrini et Alan Stivell. Sous l’œil attentif d’Amin Maalouf, secrétaire perpétuel de l’Académie française, le collectif a multiplié les rencontres avec le ministère de l’Éducation nationale.

Une réunion avec les responsables du ministère, le 22 septembre dernier, a débouché sur un « accord de principe » pour intégrer des œuvres régionales aux programmes. « Il y a eu un accord de principe pour que quelque chose soit intégré aux programmes et il y aura une autre réunion pour mettre en place la procédure du choix des textes à proposer », se réjouit Philippe Martel, tout en restant prudent quant à l’évolution politique : « Il y a toujours, bien sûr, l’inconnue de savoir qui sera le prochain ministre. Les fonctionnaires, heureusement, restent en place et connaissent le dossier ».

En parallèle, le collectif prépare la publication d’un recueil bilingue, intitulé Florilangues, qui rassemblera une trentaine de textes en 13 langues régionales, dont le palikure, langue amérindienne de Guyane. Cet ouvrage, édité aux éditions L’Auceu libre, est prévu pour 2026.

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