Publié le 21 octobre 2025 à 16h34. La coalition gouvernementale bulgare semble avoir esquivé une crise majeure, mais selon un politologue, des tensions sous-jacentes persistent et pourraient mener à de nouvelles instabilités d’ici 2026.
- Ognyan Minchev estime que le danger d’une rupture de la coalition et de la majorité parlementaire a été évité, mais de manière précaire.
- Les tensions récentes, liées aux élections partielles à Pazardjik, se sont atténuées sans conséquences majeures, mais le rôle et l’influence du parti DPS-Nouveau Départ restent une source d’inquiétude.
- Le parti GERB, dirigé par Boïko Borissov, porte l’entière responsabilité politique de la gouvernance et absorbe les critiques, mais se retrouve impuissant à résoudre les problèmes.
Sofia – La situation politique en Bulgarie, après une période de tensions palpables, semble s’être stabilisée, mais cette accalmie est fragile, selon le politologue Ognyan Minchev. Intervenant sur NOVA NEWS, il a déclaré :
« À ce stade, je pense que le danger de l’effondrement de la coalition et de la majorité a été évité – mais de manière confuse. »
Ognyan Minchev, politologue
La récente déclaration de Delyan Peevski, leader du DPS-Nouveau Départ, indiquant qu’il ne revendiquait aucun poste spécifique au sein du gouvernement, a contribué à désamorcer la crise. Minchev estime que « tout le scandale s’est transformé en une tempête dans un verre d’eau ». Les élections partielles à Pazardjik avaient exacerbé les tensions, mais celles-ci se sont résorbées sans provoquer de changements significatifs.
Cependant, le politologue souligne que le principal problème réside au sein du GERB et de son leader, Boïko Borissov.
« Le GERB prend tous les points négatifs, mais ne peut presque rien faire pour limiter les dégâts. »
Ognyan Minchev, politologue
Le parti assume l’entière responsabilité politique de la gestion du pays, mais se retrouve dans une position délicate, incapable d’influencer efficacement les événements.
Selon Minchev, Borissov a tenté de présenter l’invitation adressée au DPS-Nouveau Départ comme un geste d’apaisement, mais le véritable enjeu est ailleurs : le refus de Peevski d’assumer publiquement ses responsabilités, alors que son influence au sein des institutions ne cesse de croître. Cette situation crée un paradoxe : un pouvoir considérable exercé en coulisses, sans participation formelle à la gouvernance, ce qui, selon le politologue, conduira inévitablement à de nouveaux conflits « dans les mois à venir ».
Minchev anticipe même une nouvelle crise, potentiellement plus grave, d’ici le début de l’année 2026. Il précise que les procédures liées à l’adoption de l’euro (la Bulgarie vise l’adhésion à la zone euro en 2024) et l’élaboration du budget devraient temporairement freiner les tensions, mais que le malaise au sein de la coalition demeure profond.
La prochaine présentation du budget s’annonce particulièrement tendue.
« Le budget va devenir une patate chaude – tout le monde va essayer d’en tirer un dividende politique. »
Ognyan Minchev, politologue
Le président Radev devrait profiter de cette occasion pour étendre son influence, tandis que le parti « Nous poursuivons le changement – Bulgarie démocratique » devrait attaquer les dirigeants pour leurs « dépenses irrationnelles des dernières années ».
Concernant un éventuel remplacement de Natalia Kiselova, Minchev la juge peu probable et facile à réaliser. Il estime que le GERB ne dispose plus d’arguments convaincants pour exiger sa démission, et que l’idée d’une rotation est davantage une tentative de compromis. Le BSP s’oppose fermement à cette rotation, tandis que le parti « Il existe un tel peuple » soutient le GERB, espérant que son adjoint Silvi Kirilov assumera la présidence du parlement.
En conclusion, Minchev ne prévoit aucune chance sérieuse de voir un changement rapide à la tête de l’Assemblée nationale.
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