Publié le 21 octobre 2025. Une nouvelle étude révèle un lien direct entre l’accumulation de graisse dans le foie, mesurée par l’IRM, et un risque accru de développer un prédiabète ou un diabète de type 2 chez les personnes obèses. Ces résultats pourraient permettre une meilleure identification des patients à risque et une prise en charge plus précoce.
- Plus la quantité de graisse dans le foie augmente, plus le risque de diabète s’élève.
- Une stéatose hépatique sévère (plus de 25 % de graisse) est associée à un risque plus de trois fois plus élevé de prédiabète et de diabète de type 2.
- La quantification de la graisse dans le foie, même à des niveaux faibles, pourrait aider les radiologues à mieux gérer et prévenir le diabète chez les patients obèses.
La maladie hépatique stéatosique associée au dysfonctionnement métabolique (MASLD), anciennement appelée stéatose hépatique non alcoolique, est en forte augmentation dans le monde, parallèlement à l’obésité et au diabète de type 2. Cette maladie, qui se caractérise par une accumulation excessive de graisse dans le foie, peut évoluer vers des formes plus graves et contribue à la dérégulation du métabolisme, notamment en favorisant le développement du diabète de type 2.
Des chercheurs de l’Université de Wuhan, en Chine, ont mené une analyse rétrospective sur 683 patients adultes obèses ayant subi une imagerie par résonance magnétique (IRM) pour mesurer la fraction grasse de densité protonique du foie (PDFF). Les patients ont également passé un test oral de tolérance au glucose pour déterminer leur statut glycémique (normal, prédiabète ou diabète de type 2). L’étude a révélé une relation claire entre le PDFF et le risque de développer un trouble du métabolisme du glucose.
Selon les résultats, chaque augmentation de 1 % du PDFF était associée à une augmentation de 4 % du risque de prédiabète et de diabète de type 2 (rapport de cotes [OR] 1,04 ; p < 0,001). De plus, une stéatose hépatique sévère (PDFF ≥ 25 %) était associée à un risque plus de 3,5 fois plus élevé de prédiabète (OR 3,49 ; p = 0,01) et de diabète de type 2 (OR 3,45 ; p = 0,01).
« Ces résultats soulignent l’importance clinique de la quantification du PDFF hépatique, même à des stades légers, dans cette population à haut risque »,
Chercheurs de l’Université de Wuhan
Les chercheurs suggèrent que la quantification du PDFF, même à de faibles niveaux de stéatose, pourrait fournir aux radiologues des informations précieuses pour orienter la gestion et la prévention du diabète chez les patients obèses. Ils recommandent également des études longitudinales intégrant le PDFF à d’autres données biologiques (multiomique) pour mieux comprendre les mécanismes en jeu.
Dans un éditorial accompagnant l’étude, les docteurs Scott Reeder et Jitka Starekova de l’Université du Wisconsin-Madison soulignent que cette recherche suggère que l’accumulation de graisse dans le foie pourrait être un facteur clé de la résistance à l’insuline et du développement du diabète, plutôt qu’un simple processus passif.
« Cette étude marque une contribution importante, fournissant à la fois une base solide pour de futures recherches et un argument convaincant en faveur d’une adoption clinique plus large du PDFF »,
Scott Reeder, MD, PhD, et Jitka Starekova, MD, Université du Wisconsin-Madison
L’étude complète est disponible ici.
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