La population du poisson Cyprinodon diabolis dans la cavité de Devils Hole, au Nevada, est passée de 20 à 77 individus en un an, selon le US Fish and Wildlife Service. Ce regain numérique intervient alors que l’espèce, unique à ce site, était considérée comme étant en danger critique d’extinction.
L’augmentation des effectifs de Cyprinodon diabolis
Le recensement annuel effectué par le US Fish and Wildlife Service (USFWS) indique que le nombre de pupfish dans la grotte de Devils Hole a presque quadruplé, passant de 20 à 77 spécimens. Cette hausse marque une rupture avec les tendances observées lors des années précédentes, où la population stagnait ou chutait, menaçant la survie de l’espèce dans son habitat naturel.

Le pupfish de Devils Hole est l’un des poissons les plus rares au monde. Il vit exclusivement dans une seule cavité calcaire du Nevada, au sein du refuge faunique d’Ash Meadows. Les biologistes surveillent quotidiennement l’état de santé de ces poissons, car la moindre variation environnementale peut entraîner un effondrement massif de la population.
Un environnement hostile et restreint
L’espèce survit dans un espace extrêmement limité. Le point critique de son habitat est un plateau peu profond, appelé shallow shelf
, où les poissons se nourrissent et se reproduisent. Ce plateau est la seule zone de la grotte où l’oxygène est suffisamment disponible et la température supportable pour le cycle de vie du poisson.
Le US Fish and Wildlife Service surveille en permanence les niveaux d’oxygène et la température de l’eau. Une hausse excessive de la chaleur ou une baisse de l’oxygénation sur ce plateau peut asphyxier les individus en quelques heures. Les données récentes suggèrent que la stabilité relative des conditions hydrologiques a permis ce rebond démographique.
La gestion des populations de sécurité
Malgré l’augmentation constatée à Devils Hole, le USFWS ne considère pas l’espèce comme hors de danger. Pour prévenir une extinction totale en cas de catastrophe dans la grotte, des populations de secours, ou populations d’assurance, ont été établies dans d’autres sites, notamment dans des bassins contrôlés.

Ces populations externes servent de réserve génétique. En cas de disparition des poissons dans la cavité originale, ces individus pourraient être réintroduits. Cette stratégie de gestion proactive a été mise en place pour pallier la vulnérabilité extrême d’une espèce dont l’intégralité de l’habitat naturel tient dans une seule faille géologique.
Les risques persistants pour l’espèce
L’augmentation du nombre de poissons à 77 individus ne garantit pas la viabilité à long terme de Cyprinodon diabolis. Les experts soulignent que la population reste sujette à des fluctuations brutales. Un événement aléatoire, comme un glissement de terrain interne à la grotte ou une contamination chimique, pourrait anéantir les gains de l’année écoulée.
La question du niveau de l’eau reste également centrale. Le pompage des nappes phréatiques dans les zones environnantes du Nevada a historiquement menacé d’abaisser le niveau de l’eau de Devils Hole, ce qui aurait pu submerger ou assécher le plateau peu profond indispensable à la reproduction. Le maintien d’un niveau d’eau stable est la condition sine qua non pour que la tendance actuelle se poursuive.
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