La lutte contre le narcotrafic s’intensifie dans la métropole de Lyon, avec des résultats encourageants mais une situation qui reste tendue. La préfète du Rhône, Fabienne Buccio, dresse un premier bilan de l’application de la loi Narcotrafic, six mois après son entrée en vigueur.
Depuis le 13 juin 2025, les forces de l’ordre ont démantelé au moins une quinzaine de points de vente de stupéfiants dans la région. Un exemple notable est celui du quartier du Tonkin à Villeurbanne, où les huit points de deal du secteur Brel, près du parc et de l’arrêt de tramway, ont été neutralisés. « Aujourd’hui, ça se sent, ça se voit, ça se vit : la situation est bien meilleure à Villeurbanne », assure Fabienne Buccio, soulignant la collaboration étroite avec la mairie locale.
La loi Narcotrafic permet également des mesures plus sévères envers les familles liées au trafic de drogue. À ce jour, quatre bailleurs sociaux ont été mis en demeure de saisir le juge en résiliation de bail en raison de troubles à l’ordre public liés au trafic (trois à Villeurbanne, Vénissieux et Oullins-Pierre-Bénite, un à Tarare). Six autres dossiers sont en cours d’étude, dont cinq à Rillieux-la-Pape. Par ailleurs, les bailleurs ont initié près d’une cinquantaine de procédures d’expulsion à leur propre initiative.
En complément, 115 arrêtés d’interdiction de paraître sur un point de deal ont été signés dans l’agglomération lyonnaise depuis le 12 août 2025. Ces mesures visent notamment les guetteurs, qui étaient auparavant difficiles à poursuivre. La police a constaté 22 violations de ces arrêtés, entraînant des poursuites pénales.
Malgré ces efforts, les règlements de compte persistent. Fabienne Buccio explique : « Quand on met un coup de pied dans la fourmilière, cela provoque des réactions ». Elle insiste sur l’importance de ne pas céder à l’inaction, soulignant la présence accrue de l’État et des forces de l’ordre à Vénissieux, avec un commissariat doté d’effectifs importants et une brigade spécialisée.
Les chiffres sont globalement stables : environ 1 900 trafiquants sont recensés dans le Rhône, un chiffre comparable à celui de 2024. La police a organisé 26 opérations de sécurité renforcée, aboutissant à l’interpellation de 498 individus, dont plus d’un tiers en situation irrégulière (168). Les amendes forfaitaires délictuelles ont augmenté de 17 %, atteignant 7 944, et les amendes pour occupation illégale de halls d’immeubles ont bondi de 69 %, à 812. Enfin, la saisie des avoirs criminels a progressé de 69 %, dépassant les 21 millions d’euros (chiffres au 30 septembre 2025).
À ne pas manquer
