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ONU : tous les candidats au poste de chef essuient un veto

Tous les candidats en lice pour succéder au secrétaire général de l'ONU, António Guterres, ont essuyé un veto des membres permanents du Conseil de sécurité lors d'un vote…

ONU : tous les candidats au poste de chef essuient un veto

Tous les candidats en lice pour succéder au secrétaire général de l’ONU, António Guterres, ont essuyé un veto des membres permanents du Conseil de sécurité lors d’un vote indicatif tenu à New York le vendredi 16 octobre 2026, ouvrant la voie à de potentielles nouvelles candidatures avant la fin de l’année.

La course à la succession d’António Guterres a connu un tournant décisif le 16 octobre 2026. Lors d’un scrutin indicatif à huis clos au Conseil de sécurité, aucun des sept prétendants n’a réussi à éviter un vote négatif de la part des cinq membres permanents. Cette étape marque un blocage institutionnel alors que le mandat de l’actuel dirigeant de l’organisation s’achève le 31 décembre. Actuellement, quatre femmes et trois hommes tentent de succéder au Portugais âgé de 77 ans.

La désignation de ce nouveau dirigeant, qui doit prendre ses fonctions le 1er janvier 2027, suscite une attention accrue au cours des derniers mois de 2026. La Grèce, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour ce mois d’octobre, a indiqué qu’il s’agissait du moment propice pour progresser vers un consensus. Le Conseil doit soumettre une recommandation à l’Assemblée générale, ce qui nécessite au moins neuf suffrages favorables sans opposition d’un membre permanent.

ONU : tous les candidats au poste de chef essuient un veto
Photo : IRIS

Les résultats du vote indicatif et la position des candidats

Pour la première fois dans ce processus de désignation, le vote des cinq puissances disposant du droit de veto — la Grande-Bretagne, la France, les États-Unis, la Chine et la Russie — apparaissait en couleur sur les bulletins. Les quinze membres du Conseil ont attribué anonymement à chaque candidat l’une des trois mentions suivantes : encourage, décourage ou sans opinion.

En tête de ce scrutin, la Costaricaine Rebeca Grynspan, âgée de 70 ans et qui dirigeait l’Agence de l’ONU pour le commerce et le développement (CNUCED), a recueilli neuf suffrages encourage, mais a également essuyé cinq décourage, dont deux émanant de membres permanents, ainsi qu’un avis sans opinion. Dans un entretien accordé à Reuters, la candidate a déclaré qu’elle ne serait pas surprise par une telle opposition, estimant qu’il s’agit là du début des négociations, tout en rappelant que de précédents blocages avaient pu être surmontés.

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Photo : Vietnam.vn

Derrière elle, l’Argentin Rafael Grossi, âgé de 65 ans et dirigeant de l’Agence internationale de l’énergie atomique, a totalisé huit voix favorables et six oppositions, dont deux de membres permanents. La troisième place est occupée par Carolyn Rodrigues-Birkett, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana âgée de 53 ans, qui avait d’ailleurs occupé la première position lors d’un précédent scrutin en août. D’autres personnalités figurent parmi les sept prétendants, à l’instar d’Olara Otunnu, de l’ancien président sénégalais Macky Sall, de María Fernanda Espinosa et d’Ivonne A-Baki.

CandidatVotes « Encourage »Votes « Décourage »Sans opinion
Rebeca Grynspan9 (dont 3 permanents)5 (dont 2 permanents)1
Carolyn Rodrigues-Birkett8 (dont 3 permanents)6 (dont 2 permanents)1
Rafael Grossi8 (dont 2 permanents)6 (dont 2 permanents)1
Macky Sall5 (dont 2 permanents)10 (dont 3 permanents)0
Olara Otunnu4 (dont 1 permanent)10 (dont 3 permanents)1
María Fernanda Espinosa3 (dont 1 permanent)9 (dont 3 permanents)3
Ivonne A-Baki1 (0 permanent)14 (dont 5 permanents)0

L’exigence de réformes budgétaires et structurelles posée par Washington

Ce scrutin intervient alors que les tensions financières et un multilatéralisme fragilisé pèsent sur l'organisation, laquelle fait face à d'importants défis budgétaires. À titre d’exemple, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés a récemment indiqué n’avoir perçu que trois milliards de dollars sur les huit milliards et demi nécessaires pour l’année 2026. Interrogé sur l’arrivée éventuelle de nouveaux candidats dans la course, le représentant permanent des États-Unis auprès de l’ONU, Mike Waltz, a déclaré que si des pays veulent présenter davantage de candidats, cela relève certainement de leurs droits souverains.

Le diplomate américain a également tracé la feuille de route exigée par Washington pour le futur secrétariat général, réclamant une refonte des opérations de paix, une rigueur accrue et une réduction drastique de la bureaucratie.

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Photo : Radio Lac

Les incertitudes de la course et l’ombre des précédents historiques

L’obligation pour le Conseil de sécurité de recommander un candidat ne disposant d’aucun veto bloque pour l’instant le calendrier de désignation. Si la tradition géographique non contraignante tend cette fois à privilégier l’Amérique latine, et que de nombreux États réclament qu’une femme prenne la tête de l’institution pour la première fois de son histoire, les débats restent ouverts. Les diplomates n’excluent pas l’émergence de profils extérieurs à la liste actuelle.

Plusieurs noms circulent déjà dans les couloirs diplomatiques, notamment celui de Nikolaï Mladenov, haut représentant pour Gaza du Conseil de paix institué par Donald Trump, ou de Lana Nusseibeh, ministre adjointe aux Affaires politiques des Émirats arabes unis.

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À propos de l’auteur: Clara Dubois

Clara Dubois suit l’actualité internationale, les affaires diplomatiques et les grands équilibres géopolitiques. Son travail met l’accent sur le contexte, les faits vérifiables et les conséquences concrètes des événements mondiaux.