Le plan « opération Prométhée », publié le 8 juillet 2026 dans la revue Le Grand Continent, propose d’investir 700 milliards de dollars sur trois ans pour doter la France d’un laboratoire d’IA de frontière. Ce projet vise à concurrencer OpenAI et Anthropic en augmentant massivement la puissance de calcul nationale.
La France ne veut plus être une simple consommatrice de modèles américains. Pour sortir de cette dépendance, un groupe de hauts fonctionnaires et d’ingénieurs a élaboré une stratégie d’envergure industrielle : l’opération Prométhée. L’objectif est clair : positionner l’Hexagone comme la troisième puissance mondiale de l’intelligence artificielle, derrière les États-Unis et la Chine.
Un investissement de 700 milliards de dollars sur trois ans
L’échelle financière du projet est sans précédent. Les auteurs du plan, Tristan Claret-Trentelivres, Raphaël Doan, Aymeric Roucher et Victor Storchan, estiment le coût total à 700 milliards de dollars (environ 620 milliards d’euros) sur trois ans. Ce montant représenterait, lors de la troisième année, une part significative du produit intérieur brut (PIB) français, selon la note publiée dans Le Grand Continent.
Le financement reposerait sur un mélange de capitaux publics et privés. L’État devrait apporter une part du PIB annuellement, soit près de 45 milliards d’euros par an. Pour donner un ordre de grandeur, cet effort financier dépasserait sur dix ans le budget actuel des Armées, lequel s’élève à près de 60 milliards d’euros cette année, hors pensions de retraite.
La course aux gigawatts : le défi du calcul
Si Mistral AI, dirigée par Arthur Mensch, est le seul laboratoire européen à avoir produit un grand modèle de langage, les auteurs de l’opération Prométhée jugent ses capacités insuffisantes pour rivaliser avec les leaders américains dans les domaines les plus stratégiques.
Selon les données avancées dans le plan :
| Laboratoire | Puissance fin 2025 | Prévision fin 2026 |
|---|---|---|
| OpenAI | 1,9 GW | 5 à 6 GW |
| Anthropic | 1,4 GW | 5 à 6 GW |
Pour combler ce fossé, le plan suggère la création d’une holding dont l’État détiendrait une part.
Souveraineté et dépendance face aux États-Unis
L’urgence de ce plan est dictée par un durcissement de la politique américaine. Mi-juin 2026, le gouvernement des États-Unis a décidé de restreindre l’accès aux meilleurs modèles d’IA développés par ses laboratoires pour les utilisateurs étrangers. Cette décision souligne, selon les auteurs du projet, la vulnérabilité des pays européens.
Pourtant, la France dispose d’atouts structurels. Elle est décrite comme la seule puissance capable de combiner une masse économique suffisante, une base de compétences nationales et un accès au vivier international de talents, tout en bénéficiant d’une production d’électricité abondante et décarbonée.
Mistral AI et l’appui de Microsoft
Le succès de cette remontée dépendra désormais de la capacité des candidats à la présidentielle à intégrer un tel plan financier dans leur programme, face à un coût qui s’apparente au plus grand investissement technologique depuis le programme nucléaire français.
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