Lors d’une intervention dans l’émission « Fareed Zakaria GPS » sur CNN, Nadella a souligné la nécessité pour les organisations de garder le contrôle direct de leurs données, de leurs invites (prompts) et des métadonnées accumulées lors de l’utilisation des modèles. Selon lui, les entreprises qui ne possèdent pas leurs propres modèles ou n’utilisent pas d’infrastructure telle qu’une passerelle IA (AI gateway) pour gérer les prompts indépendamment des modèles s’exposent à un risque.
L’indépendance technologique contre le verrouillage
Pour éviter le verrouillage propriétaire, Satya Nadella recommande de séparer le contexte, la mémoire et les outils de codage du modèle lui-même. Cette approche permettrait aux entreprises d’utiliser plusieurs modèles en fonction de leurs forces respectives et de conserver le contrôle même si un modèle spécifique venait à disparaître.
Le dirigeant a spécifiquement conseillé de réduire la dépendance aux outils de codage intégrés, citant comme exemples ChatGPT Codex d’OpenAI et Claude Code d’Anthropic. En conservant l’historique opérationnel et les métadonnées, les entreprises pourraient ultérieurement les utiliser pour entraîner leurs propres poids ou des modèles ouverts.
Risques stratégiques et confidentialité
Au-delà de la technique, Nadella a mis en garde contre un risque structurel : l’exposition des processus internes à un fournisseur d’IA pourrait permettre à ce dernier de lancer un service concurrent. Il a qualifié l’acte de remettre toutes les données et prompts à des laboratoires d’IA propriétaires d’une forme d’externalisation de la réflexion.

Cette position sur le contrôle des données s’adresse exclusivement aux entités corporatives. Interrogé sur la protection des informations pour les utilisateurs individuels, le PDG de Microsoft a considéré le partage des données personnelles comme un échange de valeur standard, comparable au modèle du web financé par la publicité, où les données sont le prix à payer pour accéder à des outils gratuits.
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