Publié le 24 octobre 2025 à 02:07:00. Des images de la Maison Blanche en pleine démolition ont fait le tour du monde cette semaine, révélant un projet ambitieux et controversé mené par l’ancien président Donald Trump : la construction d’une salle de bal monumentale, financée par des dons privés.
- Donald Trump fait construire une salle de bal de plus de 8 360 mètres carrés à la Maison Blanche, pour un coût estimé à 300 millions de dollars (258 millions d’euros).
- Le projet, financé par des dons de grandes entreprises et de particuliers fortunés, suscite des critiques quant à son opportunité, notamment en période de difficultés économiques et de blocage politique.
- Les travaux se déroulent pendant une période de fermeture partielle du gouvernement américain, ce qui soulève des questions sur les priorités de l’administration.
La construction de cette nouvelle salle de bal, dont l’ancien président Trump a fait un projet phare, a débuté sur le terrain de la Maison Blanche. L’objectif affiché est de pallier un manque d’espace pour les grandes réceptions d’État, un problème que, selon un communiqué de la Maison Blanche daté de juillet 2025, les États-Unis connaissent depuis 150 ans. « Le président Donald J. Trump a promis de résoudre ce problème pour les futures administrations et le peuple américain », peut-on y lire.
D’une superficie comparable à celle d’un terrain de football, la salle de bal est conçue pour accueillir jusqu’à 999 personnes, contre 650 initialement prévu. Donald Trump a présenté ce projet comme une solution durable aux réceptions organisées sous des tentes sur la pelouse sud de la Maison Blanche, qu’il juge insatisfaisantes.
Le financement de ces travaux est un point central de la polémique. L’ancien président Trump affirme qu’aucun fonds public n’est utilisé, le projet étant entièrement financé par des dons privés. Une liste de donateurs publiée jeudi révèle la contribution de géants de l’industrie tels que Lockheed Martin, Microsoft, YouTube, Amazon et Google.
Cependant, cette dépendance aux dons privés inquiète les observateurs. Davina Hurt, directrice du programme d’éthique gouvernementale au Markkula Center for Applied Ethics de l’Université de Santa Clara, en Californie, s’interroge sur la légitimité de tels projets en période de crise économique et de blocage politique :
« Est-il juste que le gouvernement entreprenne des projets de construction coûteux, essentiellement cosmétiques, alors que les Américains ordinaires sont confrontés à de graves difficultés économiques ? Et pendant une fermeture au cours de laquelle des dizaines de milliers d’employés du secteur public ne sont pas payés ? »
Davina Hurt, directrice du programme d’éthique gouvernementale
Elle souligne l’incohérence d’investir dans le luxe alors que de nombreux Américains sont contraints à la frugalité :
« Ce n’est pas le moment, et ne le sera peut-être jamais, pour construire une salle de bal grandiose et luxueuse. »
Davina Hurt, directrice du programme d’éthique gouvernementale
Richard Painter, professeur de droit à l’Université du Minnesota et ancien avocat en éthique à l’administration Bush (2005-2007), met en garde contre le risque de corruption. Il explique que les entreprises qui contribuent financièrement au projet pourraient s’attendre à des contreparties de la part de l’administration :
« Ces entreprises veulent quelque chose du gouvernement en échange et paient, premièrement, pour avoir accès au président et à d’autres hauts fonctionnaires, et deuxièmement, pour obtenir ce qu’elles veulent. Lockheed Martin, par exemple, veut de gros contrats avec le ministère de la Défense, donc notre budget de défense d’un billion de dollars sera encore plus important. »
Richard Painter, professeur de droit et ancien avocat en éthique
Il dénonce un système de quoi pro quo dangereux, qui pourrait compromettre l’intégrité des décisions politiques.
Il est important de noter que des rénovations à la Maison Blanche ont été entreprises par de nombreux présidents au cours de l’histoire. Barack Obama, par exemple, avait transformé un court de tennis en terrain de basket-ball. Harry Truman, en 1945, avait entrepris des travaux de rénovation majeurs, impliquant la démolition de bâtiments vétustes et la construction d’une nouvelle salle à manger, d’un bowling et d’un balcon. Ces travaux, qui se sont étendus de 1948 à 1952, avaient pour objectif de remettre en état la résidence présidentielle, alors en mauvais état après des années de négligence.
La salle de bal de Donald Trump devrait être achevée avant la fin de son mandat en janvier 2029.
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