L’or a atteint un nouveau record historique, franchissant le seuil des 4 200 dollars l’once, porté par des tensions commerciales croissantes et l’anticipation d’un assouplissement monétaire à l’échelle mondiale. Cette flambée témoigne d’un regain d’intérêt pour les valeurs refuges face à une incertitude économique et géopolitique persistante.
À la clôture des marchés new-yorkais, l’once d’or s’échangeait à près de 4 205 dollars (environ 6 520 CAD), en hausse d’environ 1 % sur la journée. Les contrats à terme ont également progressé, atteignant 4 217,20 dollars (environ 6 550 CAD) après un pic à 4 218,20 dollars (environ 6 555 CAD) durant la séance.
Ce rallye s’explique par deux facteurs principaux : une intensification des frictions commerciales entre les États-Unis et la Chine, et les déclarations accommodantes de Jerome Powell, président de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui ont renforcé les attentes d’une baisse prochaine des taux d’intérêt. Le taux du Trésor américain à 10 ans a reculé de 7 points de base, à 3,82 %, tandis que le taux à 2 ans a dérivé à 3,94 %, créant un environnement macroéconomique favorable à l’or.
L’impasse commerciale actuelle a exacerbé la demande d’actifs refuges. Les investisseurs se détournent des actifs cycliques, plus sensibles aux fluctuations économiques, au profit d’actifs défensifs. L’argent a également profité de ce mouvement, bondissant de 1,7 % à 51,47 dollars l’once (environ 80 CAD) dans un contexte de faible liquidité sur les marchés londoniens.
Par ailleurs, les banques centrales de plusieurs économies émergentes, notamment la Chine et la Turquie, ont augmenté leurs réserves d’or, ce qui soutient la demande structurelle et contribue à limiter la volatilité des prix.
Les marchés boursiers ont reflété ces préoccupations. L’indice boursier américain a glissé de 0,4 % avant de réduire ses pertes, tandis que l’indice a chuté de 0,6 % alors que les investisseurs réduisaient leur exposition aux secteurs de croissance. Les bourses européennes ont également affaibli, perdant 0,3 %, pénalisées par les entreprises exportatrices sensibles aux potentielles hausses de droits de douane ou aux perturbations des chaînes d’approvisionnement.
Les prix de l’énergie sont restés relativement stables, oscillant autour de 83 dollars le baril (environ 129 CAD) pour le pétrole et de 9 200 dollars la tonne (environ 1 430 CAD) pour le gaz naturel, suggérant que les négociants en matières premières se couvrent contre les risques cycliques tout en anticipant une politique monétaire plus souple.
Les analystes prévoient que la tendance haussière des métaux précieux devrait se poursuivre dans les semaines à venir, à mesure que le marché intègre des rendements réels plus faibles et des tensions géopolitiques persistantes. Le rapport américain sur l’emploi et les procès-verbaux du FOMC (Federal Open Market Committee), l’organe de décision de la Fed, seront des indicateurs clés à surveiller, car ils pourraient confirmer une orientation vers un assouplissement monétaire.
Si l’inflation continue de diminuer et que les données sur l’emploi s’affaiblissent, l’or pourrait se maintenir au-dessus de 4 150 dollars (environ 6 450 CAD) et potentiellement atteindre 4 300 dollars (environ 6 680 CAD) à moyen terme. Cependant, un rebond des taux d’intérêt et des rendements obligataires pourrait entraîner une prise de bénéfices et ramener l’or dans une fourchette de 3 950 à 4 000 dollars (environ 6 150 à 6 240 CAD).
Pour les investisseurs, la récente envolée de l’or confirme son rôle d’actif de couverture et de diversification. Maintenir une allocation partielle à l’or et à l’argent peut offrir une protection contre les aléas politiques et la dépréciation monétaire, bien qu’un retour de l’appétit pour le risque puisse remettre en question cette stratégie. À ce stade, le niveau de 4 100 dollars (environ 6 380 CAD) constitue un seuil important : son maintien signalerait la poursuite de la dynamique haussière, tandis qu’une cassure durable en dessous indiquerait un affaiblissement de la prime de peur sur le marché.
