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Bank Al-Maghrib prévoit 1,5 % d’inflation en 2026, ciblage en 2027

by Amélie Bernard
Le calendrier du passage au ciblage de l'inflation

Bank Al-Maghrib prévoit une inflation moyenne de 1,5 % pour 2026 et de 2,1 % pour 2027, selon les projections annoncées le 23 juin 2026 par Abdellatif Jouahri. La banque centrale marocaine prépare parallèlement le passage officiel au ciblage de l’inflation pour 2027, un tournant structurel conditionné par la stabilité économique mondiale.

Le calendrier du passage au ciblage de l’inflation

Le calendrier du passage au ciblage de l'inflation
Le projet de ciblage de l’inflation est entré dans sa phase finale de préparation. Selon Le Matin, le dossier complet sera soumis au Conseil de l’Institut d’émission en septembre prochain. Ce processus prévoit une simulation grandeur nature en décembre 2026, ouvrant la voie à une entrée en vigueur officielle en 2027, sous réserve de l’absence de chocs majeurs sur l’économie mondiale. Pour sécuriser cette transition, Bank Al-Maghrib s’appuie sur l’assistance technique du Fonds monétaire international (FMI) et collabore avec la Banque centrale du Chili, référence internationale dans ce domaine. En interne, l’institution renforce ses compétences et sensibilise le secteur privé, notamment via des discussions avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) pour l’élaboration d’un mémorandum destiné au futur gouvernement. La marge de manœuvre de la banque centrale repose sur des réserves de change solides, projetées à l’équivalent de six mois et demi d’importations à la fin de l’année 2026.

Projections d’inflation et stabilité des prix

Projections d'inflation et stabilité des prix
Photo: Le Matin.ma
Les prévisions de la banque centrale suggèrent une maîtrise relative des prix à court terme, bien qu’une accélération soit attendue pour l’année suivante.
IndicateurPrévision 2026Prévision 2027
Inflation moyenne1,5 %2,1 %
Inflation sous-jacente0,2 %2,9 %
Ces chiffres sont jugés “compatibles avec l’objectif de stabilité des prix à moyen terme” par la majorité des économistes, comme le souligne Médias24. Cependant, l’écart entre l’inflation moyenne et l’inflation sous-jacente en 2027 indique une volatilité persistante des produits non exclus du calcul de base.

L’obstacle du cash et la faible bancarisation

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L’efficacité de la politique monétaire se heurte à une réalité structurelle : la prédominance du cash. Le taux de bancarisation au Maroc oscille entre 55 % et 60 %, laissant une part importante des échanges économiques hors du système bancaire. Cette situation perturbe le canal de transmission de la politique économique, rendant les variations des taux directeurs moins influentes sur l’économie réelle. L’importance de l’informel renforce ce circuit parallèle, où les réseaux familiaux et amicaux servent souvent de sources de crédit alternatives. Le risque majeur réside dans la masse monétaire fiduciaire, qui s’élevait à 2 069,8 MMDH en décembre 2025. Cette liquidité abondante peut stimuler la demande et pousser les prix à la hausse, surtout si la production nationale est freinée par des aléas climatiques ou des tensions géopolitiques au Proche-Orient.

Déficit de liquidité et pressions salariales

Déficit de liquidité et pressions salariales
Photo: Medias24
Parallèlement à la circulation fiduciaire, Bank Al-Maghrib fait face à un déficit de liquidité bancaire évalué à 135,7 MMDH en décembre 2025. Ce manque de liquidité peut contraindre les banques à durcir les conditions d’octroi de crédits pour préserver leurs propres réserves, freinant ainsi l’investissement et la consommation globale. Un autre facteur inflationniste émerge du marché du travail. Dans les secteurs de l’agriculture et de la construction, la pénurie de main-d’œuvre oblige le patronat à relever les salaires pour fidéliser les employés. Ces hausses de coûts salariaux sont susceptibles d’être répercutées sur les prix des produits finis, alimentant ainsi la spirale inflationniste.

Le règlement des transferts MRE avec l’Union européenne

Sur le front réglementaire, les banques marocaines ont dû faire face à une législation adoptée par le Parlement européen en juin 2025. Ce texte, issu des ajustements post-Brexit, remettait en cause le rôle d’intermédiation des banques marocaines implantées en Europe pour les transferts des Marocains résidant à l’étranger (MRE). Pour résoudre ce conflit, une task force associant le ministère des Affaires étrangères, Bank Al-Maghrib, la Direction du Trésor et les banques concernées a été mise en place. Après des échanges avec la direction FISMA de la Commission européenne, des discussions ciblées avec la France ont permis de trouver une solution. Selon Le Matin, cet accord préserve le rôle de relais exercé par les établissements bancaires marocains sur le Vieux Continent. L’enjeu est critique pour la stabilité des flux financiers entrants, alors que Bank Al-Maghrib s’apprête à modifier son cadre opérationnel pour 2027. La réussite du ciblage de l’inflation dépendra non seulement de la rigueur technique, mais aussi de la capacité de la banque centrale à réduire l’influence du cash et à maintenir la fluidité des transferts internationaux.

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