L’or et l’argent ont subi une vente massive mardi, effaçant près de 3 000 milliards de dollars de valeur marchande en une seule journée. Cette chute brutale, qualifiée d’événement exceptionnel par les analystes, met en lumière la fragilité des marchés financiers et les risques liés à un positionnement trop univoque.
L’or a plongé de 5,7 % en une seule séance, sa plus forte baisse quotidienne depuis avril 2013. Selon la lettre de Kobeissi, ce mouvement représente une anomalie statistique de 4,5 sigma, ce qui signifie qu’un tel effondrement ne se produit statistiquement qu’une fois tous les 1 000 ans, soit environ tous les 240 000 jours de bourse. L’argent a été encore plus durement touché, chutant de près de 9 %, enregistrant ainsi sa plus forte baisse depuis le krach de 2020.
Cette correction n’est pas le fruit du hasard. Des signaux d’alerte étaient présents depuis plusieurs semaines. L’or avait enchaîné neuf semaines de hausse consécutives, une performance rare qui ne s’était produite que cinq fois auparavant dans l’histoire. À chaque fois, cette séquence a été suivie d’un repli significatif, avec une baisse moyenne de 13 % sur les deux mois suivants.
Le marché était également saturé de capitaux. Au début du mois d’octobre, les fonds négociés en bourse (ETF) sur l’or et l’argent ont attiré 17,7 milliards de dollars (environ 16,2 milliards d’euros) en seulement deux semaines, un afflux record. Cette situation a créé un déséquilibre, où la quasi-totalité des investisseurs étaient positionnés à l’achat, laissant peu d’acheteurs potentiels pour absorber la pression à la vente.
« Lorsque tout le monde est positionné dans la même direction, il n’y a plus personne à acheter », explique l’analyse. La vente massive a alors déclenché une réaction en chaîne de ventes forcées, d’appels de marge et de liquidations algorithmiques, amplifiant la chute.
Ironiquement, les fondamentaux à long terme de l’or n’ont pas fondamentalement changé. L’inflation reste élevée, les dépenses publiques continuent d’augmenter et les banques centrales maintiennent leurs achats. La dette américaine a même dépassé les 38 000 milliards de dollars (environ 35 000 milliards d’euros) pour la première fois, augmentant de 400 milliards de dollars (environ 370 milliards d’euros) en un seul mois, soit environ 25 milliards de dollars (environ 23 milliards d’euros) par jour.
Une récente enquête de Goldman Sachs révèle qu’un investisseur institutionnel sur quatre considère toujours l’or comme son investissement préféré, surpassant même l’intelligence artificielle. La demande reste donc solide, mais le positionnement excessif des investisseurs a exacerbé la correction. La liquidation de cette semaine a agi comme un puissant rappel : les marchés récompensent la discipline et punissent la complaisance. Les investisseurs actifs sur les marchés volatils doivent s’assurer que leur stratégie leur offre la flexibilité nécessaire pour faire face à des événements imprévus.
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