Publié le 3 novembre 2025 à 15h53. Le nouveau gouvernement tchèque affiche sa volonté de relancer la coopération au sein du groupe de Visegrád, tout en réaffirmant une politique étrangère pragmatique et axée sur les intérêts nationaux.
- Prague souhaite revitaliser les relations avec ses partenaires du groupe de Visegrád, affaiblies par les divergences sur la guerre en Ukraine.
- Le gouvernement tchèque entend renforcer ses liens avec Israël et les États-Unis, tout en maintenant une approche réaliste envers les autres grandes puissances mondiales.
- La sécurité nationale, le développement de l’armée et la protection contre les menaces hybrides sont également au cœur des priorités du nouveau gouvernement.
Le projet de déclaration de programme du nouveau gouvernement tchèque, rendu public lundi, souligne l’importance d’un « renouvellement et d’un renforcement des relations » au sein du groupe de Visegrád (V4), qui regroupe la République tchèque, la Hongrie, la Pologne et la Slovaquie. Selon le document, cette coopération doit reposer sur le respect mutuel, les intérêts communs et une efficacité régionale accrue.
Ces dernières années, le niveau de coopération politique au sein du V4 a été considérablement réduit, notamment en raison des divergences de vues concernant la guerre en Ukraine. Alors que la République tchèque et la Pologne se sont affirmées comme des soutiens fermes de Kiev, fournissant une aide militaire et humanitaire substantielle, la Hongrie et la Slovaquie ont adopté une position plus réservée. Les médias tchèques rappellent que cette situation a fragilisé l’unité du groupe.
La déclaration de programme du gouvernement tchèque aborde également la question de l’Ukraine, mais de manière relativement sobre. Elle se contente d’affirmer que Prague « soutiendra les démarches diplomatiques qui mèneraient à la fin de la guerre et à l’élimination des risques d’extension du conflit à l’Europe ». Le quotidien indépendant Právo a souligné lundi l’absence de « chaleur » dans cette formulation.
Outre l’Ukraine, le gouvernement tchèque entend développer des relations étroites avec Israël et renforcer ses « relations stratégiques » avec les États-Unis. Il souhaite également entretenir de « bonnes relations, ou à tout le moins des relations normales, avec les autres puissances mondiales clés ». Cette approche pragmatique reflète une volonté de diversifier les partenariats de la République tchèque sur la scène internationale.
En matière de sécurité, le projet de programme gouvernemental met l’accent sur le renforcement de l’armée, le développement des capacités de défense et la protection contre les menaces hybrides. L’adhésion à l’Union européenne et à l’OTAN est quant à elle présentée comme un pilier fondamental de la politique étrangère tchèque.
Le gouvernement tchèque estime que l’UE doit être une « communauté d’États-nations souverains qui travaillent ensemble là où cela a du sens tout en conservant leur liberté dans les domaines qui les concernent seuls ».
Lors d’une conférence de presse suivant la signature de l’accord de coalition gouvernementale, Andrej Babiš a affirmé que l’orientation de la politique étrangère de son pays était claire. Il a également rappelé que des critiques similaires avaient été formulées lors de son précédent mandat de Premier ministre (2017-2021), sans qu’elles ne se concrétisent. Selon le projet de programme gouvernemental, la politique étrangère tchèque sera « réaliste et pragmatique ».
M. Babiš a confirmé aux journalistes qu’il assumerait personnellement la responsabilité de la politique étrangère en tant que futur Premier ministre.
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