Publié le 30 décembre 2025 à 11h03. Contre toute attente, une étude menée dans le Grand Nord norvégien révèle que l’obscurité hivernale n’est pas synonyme de déprime pour tous, et que l’état d’esprit joue un rôle crucial dans le bien-être.
- Les habitants des régions polaires, confrontés à des périodes prolongées d’obscurité, affichent un niveau de satisfaction comparable, voire supérieur, à celui des populations vivant dans des régions plus ensoleillées.
- Une nouvelle échelle d’évaluation, baptisée « Wintertime Mindset Scale », a été développée pour mesurer l’attitude face à l’hiver.
- Les chercheurs soulignent l’importance d’accepter l’obscurité et de trouver des activités positives à pratiquer pendant la saison froide.
Alors que les jours raccourcissent et que l’hiver s’installe, la fatigue et le blues hivernal guettent. Les conseils habituels misent sur la lumière et la chaleur : s’exposer au soleil, investir dans une lampe de luminothérapie, ou s’évader vers des destinations plus clémentes. Mais que faire pour ceux qui vivent dans des régions où le soleil ne se montre pas pendant des mois, où un voyage au soleil n’est pas une solution quotidienne et où l’obscurité est totale ?
La psychologue et chercheuse américaine Kari Leibowitz s’est rendue à Tromsø, en Norvège, pour tenter de répondre à cette question. Son hypothèse initiale était sombre :
« Je pensais que dans une ville sans soleil, l’incidence de la dépression hivernale devait être extrêmement élevée. »
Kari Leibowitz, psychologue et chercheuse
Elle a été surprise de constater que ce n’était pas le cas. Au lieu de personnes renfermées et déprimées, elle a observé une communauté qui vivait pleinement l’hiver.
« J’ai vu des gens allumer des bougies et parler chaleureusement du temps passé à l’intérieur et du « confort ». J’ai vu des gens chausser leurs skis pour profiter de la nature et s’arrêter pour admirer la lumière bleue et douce dans l’obscurité », raconte Leibowitz.
Pour comprendre ce phénomène, elle a collaboré avec le professeur Joar Vittersø de l’UiT, l’université arctique de Norvège. Ensemble, ils ont développé une échelle d’évaluation spécifique, la « Wintertime Mindset Scale », afin de mesurer l’attitude des habitants face à l’hiver. Des centaines de personnes de Tromsø, Svalbard et Oslo ont été invitées à répondre à une série d’affirmations, allant des plus pessimistes aux plus optimistes :
- « L’hiver est une période où tout est ennuyeux. »
- « Il y a beaucoup de choses à apprécier en hiver. »
- « J’aime le confort des mois d’hiver. »
En comparant les résultats de ce test avec des données sur la santé mentale et la qualité de vie, les chercheurs ont constaté une tendance claire : plus les participants étaient d’accord avec les affirmations positives, plus leur qualité de vie était élevée et moins ils présentaient de symptômes de dépression.
Le plus surprenant est que cette attitude positive était d’autant plus marquée chez les habitants des régions les plus au nord, où les périodes d’obscurité sont les plus longues. Les habitants de Svalbard, qui vivent dans l’obscurité totale 24 heures sur 24, ont même affiché l’attitude la plus positive de toutes. Alors que les habitants du sud se plaignaient plus souvent du temps, ceux des villes de l’âge sombre parlaient de « confort », de « belle lumière » et de moments à attendre avec impatience.
Ces résultats suggèrent que notre perception de l’environnement joue un rôle plus important que la simple exposition à la lumière du soleil. Des études montrent que ceux qui sont capables de trouver de la valeur dans les périodes sombres sont mieux armés mentalement.
La professeure agrégée Ida Solhaug, du département de psychologie de l’UiT, estime que nous pouvons tirer des leçons de cette observation. Elle met en garde contre la tendance à médicaliser la fatigue hivernale :
« La dépression hivernale peut devenir un mot qui rend malade quelque chose de tout à fait naturel quand il fait noir : qu’on se fatigue un peu plus. »
Ida Solhaug, professeure agrégée à l’UiT
Elle encourage plutôt à accepter l’obscurité et à adapter son rythme de vie : « Ce n’est pas si dangereux si vous vous sentez un peu plus fatigué. Permettez un rythme plus lent, allumez les lumières et soyez gentil avec vous-même et votre entourage. » Elle insiste également sur l’importance de sortir, même par temps sombre : « Le montant de la porte est souvent le pire. Mettez simplement des vêtements chauds et sortez. On se sent presque toujours mieux qu’on ne le pense. »
À travers quelle lentille voyez-vous l’obscurité ?
Ce sondage ne montre pas ce que la population pense de la question. Le résultat montre ce que pensent ceux qui ont choisi de voter eux-mêmes, et le vote n’a pas de comité qui le rende représentatif de tous les habitants du pays.
Comment garder le moral dans le noir ?
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Publié
30 décembre 2025, à 11h03
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