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Santé

Ouganda : l’intervention rapide a permis de circonscrire l’épidémie d’Ebola

Confrontée à un foyer de virus Bundibugyo importé de la République démocratique du Congo, l'Ouganda a mis en œuvre un dispositif d'intervention d'urgence rapide.

Confrontée à un foyer de virus Bundibugyo importé de la République démocratique du Congo, l’Ouganda a mis en œuvre un dispositif d’intervention d’urgence rapide. Grâce à une mobilisation des équipes médicales en moins de 24 heures et au déploiement de laboratoires mobiles, les autorités sanitaires ont rapidement circonscrit l’épidémie.

La gestion de cette neuvième épidémie d’Ebola en Ouganda témoigne d’un changement radical dans la réactivité des autorités de santé publique. Alors que les interventions de ce type prenaient autrefois plusieurs semaines, la mise en place d’une équipe médicale d’urgence nationale a permis de réduire les délais de déploiement à quelques heures. L’épicentre de cette crise s’est noué autour de cas importés de l’ouest, modifiant le quotidien des populations frontalières et du personnel soignant de la capitale.

La course contre la montre à Kampala et dans les structures de santé

Pour le personnel de santé, la menace s’est matérialisée de manière fulgurante. Le 15 mai, des prélèvements biologiques effectués sur un patient décédé la veille dans un hôpital de Kampala se sont révélés positifs au virus Bundibugyo. Pour Agnes, infirmière dans cet établissement de la capitale et survivante de la maladie, l’appel reçu ce jour-là a marqué le début d’une période d’angoisse intense, alors que les autorités rappelaient l’absence de traitements ou de vaccins homologués pour cette souche spécifique.

Ready when the call comes: Uganda cuts emergency response from weeks to hours
Photo: WHO | Regional Office for Africa

Je sentais mon cœur battre violemment contre mes côtes. Plein de choses se bousculaient dans ma tête. Je n’arrivais pas à penser clairement. Agnes, infirmière et survivante, via GAVI

Transférée dans l’unité d’isolement de l’hôpital de Mulago, l’infirmière a passé près de deux semaines en soins intensifs avant d’obtenir sa guérison. L’établissement a également accueilli des patients transférés depuis d’autres structures, mobilisant des équipes d’intervention d’urgence arrivées de nuit à l’instar du Dr Allan Mugarura, membre de l’équipe médicale nationale qui s’est déplacé en empruntant des moyens de fortune depuis Mubende pour prêter main-forte à l’hôpital de Mulago.

Une stratégie de confinement axée sur les 72 premières heures

Le ministère ougandais de la Santé a immédiatement activé ses procédures de contrôle et de prévention des infections dès la confirmation des tests en laboratoire. L’objectif explicite était de priver l’épidémie de toute marge de progression dès les premiers instants.

Ouganda : l’intervention rapide a permis de circonscrire l’épidémie d’Ebola
Photo: GAVI

Parce que nous avons connu ces flambées à plusieurs reprises, nous sations que nous devions agir plus vite pour étouffer l’épidémie dans l’œuf et la contrôler. Dr Atek Kagirita, commandant de l’incident Ebola au ministère de la Santé, via GAVI

Les services de santé ont ainsi mis en place des structures d’isolement provisoires le long de la frontière avec la République démocratique du Congo et déployé des laboratoires mobiles de biosécurité de niveau 4 dans les vingt-quatre heures à Arua et Bwera. Cette organisation logistique a permis d’endiguer la transmission locale, la majorité des cas confirmés trouvant leur origine de l’autre côté de la frontière.

Bilan sanitaire et répercussions économiques locales

Sur le plan épidémiologique, l’intervention rapide a permis de limiter l’impact de la contagion. L’Ouganda a recensé 20 cas confirmés et deux décès au total pour cet épisode lié au virus Bundibugyo. Au sein de l’unité de traitement de l’hôpital de Mulago, où la majorité des patients ont été pris en charge, le taux de létalité a été ramené à un niveau faible, une nette amélioration par rapport aux crises précédentes.

DRC Ebola outbreak spreads to Uganda as response lags

Cependant, les restrictions imposées par la situation sanitaire ont lourdement pesé sur l’économie des zones frontalières. Amos Bwambale, un commerçant de la ville de Kasese, témoigne des perturbations quotidiennes, soulignant la fermeture des marchés et les difficultés de déplacement qui ont également touché le secteur touristique de la région.

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.