Cette accélération intervient alors que la Banque centrale européenne s’apprête à fixer ses taux d’intérêt dans un contexte d’inflation élevée et de tensions géopolitiques persistantes.
L’activité économique dans les vingt et un pays partageant la monnaie unique a connu entre avril et juin son rythme trimestriel le plus vigoureux depuis plus d’un an.
Le rôle de l’Irlande et des multinationales pharmaceutiques dans la révision du PIB
À titre d’illustration de cette dynamique industrielle, Eli Lilly a acheminé vers les États-Unis pour 42,3 milliards de dollars (36,4 milliards d’euros) d’ingrédients destinés à ses traitements amaigrissants Mounjaro et Zepbound au cours des quatre premiers mois de 2025. Bien que cette forte activité ait été initialement attribuée à une volonté stratégique de devancer d’éventuels droits de douane, elle reflète également une demande mondiale explosive qui se poursuit en 2026.
Toutefois, les économistes rappellent que les chiffres du PIB irlandais demeurent un indicateur volatil et souvent trompeur en raison des opérations comptables menées par les entreprises étrangères pour des raisons fiscales.
La trajectoire de l’Allemagne et l’ombre portée par l’inflation et le conflit
Au-delà du cas irlandais, la première économie de la zone euro, l’Allemagne, montre également des signes de redressement en sortant d’une période de marasme prolongée.
Malgré cette résilience apparente, l’environnement macroéconomique reste sous tension. Cette flambée des prix est en partie alimentée par la hausse des coûts énergétiques liée à la reprise des affrontements au Moyen-Orient et au conflit en Iran.
Les anticipations des marchés face aux décisions de la Banque centrale européenne
Ces indicateurs robustes fournissent à l’institution monétaire de Francfort les éléments nécessaires pour ajuster sa politique de taux lors de sa prochaine réunion. Les marchés financiers et les investisseurs intègrent désormais pleinement la perspective d’un relèvement des taux directeurs d’un quart de point.
Enrique Diaz-Alvarez, chef économiste au sein de l’entreprise de services financiers mondiaux Ebury, a déclaré que les indicateurs de dynamique de croissance, tels que les PMI [indices des directeurs d’achats], continuent de dresser le portrait d’une résilience économique dans la zone euro qui, combinée à une inflation sous-jacente toujours supérieure à l’objectif et à la prolongation de la guerre en Iran sans fin claire en vue, donne à la BCE des justifications suffisantes pour continuer à augmenter ses taux.

Enrique Diaz-Alvarez, chef économiste au sein de l’entreprise de services financiers mondiaux Ebury
D’autres institutions financières partagent ce constat. Des prévisionnistes de grandes banques d’investissement ont ainsi intégré une nouvelle hausse des taux directeurs d’ici la fin de l’année dans leurs perspectives.
Enrique Diaz-Alvarez, chef économiste au sein de l’entreprise de services financiers mondiaux Ebury, a indiqué que la question la plus importante pour les marchés des changes est de savoir s’il existe une opposition aux anticipations d’un taux final de 3 pour cent en 2027,
Enrique Diaz-Alvarez, chef économiste au sein de l’entreprise de services financiers mondiaux Eburysaid, noting that the reaction of monetary officials to these projections will be the primary driver for currency market volatility in the coming months.