Londres continue de fournir des armes à Israël malgré les accusations de génocide à Gaza, révélant une augmentation significative des exportations britanniques d’armement en juin 2025. Cette situation intervient en dépit d’une suspension partielle des licences d’exportation décidée par le gouvernement britannique il y a près d’un an.
Selon une enquête récente, le Royaume-Uni a expédié 110 000 balles à Israël, pour une valeur estimée à 20 000 livres sterling (environ 27 000 dollars américains). Ces livraisons s’inscrivent dans une tendance à la hausse des exportations d’armes britanniques vers Israël, atteignant un volume mensuel supérieur à 150 000 livres, le deuxième chiffre le plus élevé enregistré depuis janvier 2022.
Les données de l’Autorité fiscale israélienne montrent que les munitions en provenance du Royaume-Uni ont atteint un pic en juin 2025, avec environ 400 000 livres sterling de marchandises franchissant les douanes israéliennes. Il s’agit du montant le plus élevé enregistré sur une période d’un mois depuis plus de trois ans.
En septembre 2024, le gouvernement britannique avait annoncé la suspension de 29 licences d’exportation d’armes vers Israël, estimant qu’elles pouvaient être liées à de « graves violations du droit international humanitaire ». Londres avait alors déclaré qu’elle bloquait la vente d’« articles utilisés dans le conflit actuel à Gaza et destinés à l’armée israélienne ». Cependant, plus de 350 licences restent actives, dont plus de 160 sont classées comme « militaires ».
Cette situation prend une dimension politique particulière alors que le Parti travailliste, au pouvoir au Royaume-Uni, a récemment adopté une motion reconnaissant que l’ONU a déterminé qu’Israël commet un génocide à Gaza. Cette position contraste avec celle du gouvernement britannique, qui refuse jusqu’à présent de qualifier la situation de génocide.
Depuis octobre 2023, l’armée israélienne a tué plus de 66 100 Palestiniens dans la bande de Gaza, principalement des femmes et des enfants, selon les données fournies par le ministère palestinien de la Santé basé à Gaza. Les bombardements incessants ont rendu l’enclave quasiment inhabitable, provoquant une famine généralisée et une augmentation alarmante des maladies au sein de la population civile.
Parmi les autres expéditions enregistrées, on relève des pièces pour « chars », des composants pour « fusils de chasse ou carabines » et une catégorie large regroupant des projectiles, des explosifs et des munitions diverses.