Home AffairesPerspectives des taux : encore une baisse de 25 points de base, puis nous attendons

Perspectives des taux : encore une baisse de 25 points de base, puis nous attendons

by Amélie Bernard

La Réserve fédérale américaine (Fed) devrait vraisemblablement amorcer un cycle de baisse des taux d’intérêt, mais devra simultanément gérer avec prudence les liquidités sur les marchés financiers. Une pause est attendue lors de la prochaine réunion de janvier, après une série de coupes budgétaires anticipées.

Les experts estiment qu’une réduction de 90 % des taux est pratiquement assurée. Toutefois, la Fed devra veiller à ne pas compromettre ses objectifs en matière de stabilité financière. À ce stade, il est impensable pour la Fed de ne pas tenir ses promesses, compte tenu de son comportement récent.

Lors de sa dernière réunion, le Comité fédéral de l’open market (FOMC) a annoncé un gel de son bilan. La réduction du portefeuille de titres adossés à des créances hypothécaires (MBS) se poursuit, mais est largement compensée par l’achat de bons du Trésor, ce qui devrait stabiliser les réserves bancaires aux niveaux actuels.

Un indicateur clé à surveiller est l’écart entre le taux effectif des fonds et le taux d’intérêt sur les réserves excédentaires (IOER). Cet écart, qui était de 7 points de base, s’est réduit à 3 points de base, puis à seulement 1 point de base, signalant des pressions sur les liquidités et des taux élevés sur le marché monétaire.

Pour remédier à cette situation, la Fed pourrait être amenée à augmenter ses achats de bons du Trésor au-delà de ce qui est nécessaire pour compenser le retrait des MBS, afin d’injecter des liquidités dans le système bancaire. Il n’est pas prévu que la Fed prenne des mesures drastiques, mais elle pourrait simplement signaler qu’elle dispose de cette flexibilité, ou annoncer un volume spécifique d’achats.

À long terme, la Fed devra probablement augmenter les réserves bancaires au même rythme que la croissance nominale de l’économie. Si le produit intérieur brut (PIB) nominal croît de 3 à 5 %, les réserves bancaires devraient également augmenter dans cette fourchette, ce qui pourrait nécessiter des achats de titres supplémentaires de 10 à 15 milliards de dollars par mois, en plus du roll-off des obligations MBS.

Les taux d’intérêt en zone euro ne devraient pas être directement perturbés par ces évolutions de la Fed, mais les implications indirectes via le marché des changes ne peuvent être ignorées. La corrélation entre les courbes de taux américaines et européennes est actuellement faible. La Banque centrale européenne (BCE) a déjà mis fin à ses hausses de taux, tandis que la Fed est clairement en mode assouplissement.

Cependant, si la Fed est contrainte de réduire ses taux d’intérêt plus rapidement que prévu, la BCE pourrait être confrontée à des risques de désinflation accrus. Une baisse plus rapide des taux américains affaiblirait le dollar, ce qui pourrait peser sur la croissance américaine et, par conséquent, renforcer l’euro si l’économie de la zone euro restait solide. Les marchés devraient donc rester attentifs à ce lien, car le risque d’une inflation inférieure à l’objectif reste présent.

Il est peu probable que la BCE réduise ses taux d’intérêt une seule fois.

Clause de non-responsabilité : Cette publication est fournie à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil en investissement.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.