Une nouvelle analyse de la santé mondiale dénonce l’influence persistante du colonialisme dans la manière dont les enjeux sanitaires sont perçus et traités à l’échelle internationale. L’ouvrage, qui propose une perspective critique sur le regard extérieur, invite à repenser les dynamiques de pouvoir en jeu dans ce domaine.
Seye Abimbola, à travers ses travaux, explore les effets des perceptions et des imaginaires étrangers sur les acteurs, les contextes et les régions concernés par la santé mondiale. Il décrit une position singulière, celle de « l’étranger à l’intérieur », expliquant qu’il observe ce monde sans en faire pleinement partie, se sentant comme quelqu’un qui « nage sans être touché par l’eau ».
Selon Abimbola, le regard extérieur en santé mondiale est profondément enraciné dans l’histoire coloniale. Il examine comment les observateurs étrangers ont façonné les politiques et les interventions sanitaires en agissant souvent « à distance », sans une compréhension approfondie des réalités locales. Cette approche, souligne-t-il, peut entraîner des conséquences néfastes et perpétuer des inégalités.
L’analyse se concentre sur la manière dont ces perspectives extérieures influencent la définition des priorités, l’allocation des ressources et la mise en œuvre des programmes de santé à travers le monde. Abimbola invite ainsi à une réflexion sur la nécessité de décoloniser le regard et de privilégier les voix et les connaissances locales pour une approche plus juste et efficace de la santé mondiale.
« Il est crucial de comprendre comment les observateurs étrangers ont historiquement façonné la santé mondiale », explique Abimbola. « Leur action ‘à distance’ a souvent eu des conséquences imprévues et a contribué à maintenir des structures de pouvoir inégales. »
