Home SantéPeur pour la grue après une mort massive : “Vraiment très triste”

Peur pour la grue après une mort massive : “Vraiment très triste”

by Sophie Martin

Publié le 7 novembre 2024 à 14h30. L’inquiétude grandit parmi les ornithologues néerlandais face à la propagation rapide de la grippe aviaire en Allemagne, qui menace désormais les populations de grues migratrices, notamment dans la réserve naturelle de De Peel.

  • La grippe aviaire, sous une forme particulièrement virulente, décime les grues en Allemagne, suscitant des craintes quant à sa propagation aux Pays-Bas.
  • La réserve de De Peel, un lieu de reproduction important pour les grues après des décennies d’absence, pourrait être touchée lors de la migration automnale.
  • Les autorités restent vigilantes et envisagent des mesures temporaires, comme la fermeture de la zone au public, si l’épidémie venait à s’installer.

Le forestier Rick Verrijt, de Staatsbosbeheer, exprime son inquiétude face à la situation en Allemagne. Après des années de succès dans la réintroduction de la grue dans la réserve de De Peel, une zone humide restaurée, la menace de la grippe aviaire plane désormais sur ces populations renaissantes. Il y a quelques années, un couple de grues avait choisi de s’établir durablement dans la réserve, signe du succès des efforts de réhumidification.

« C’est la période de la migration, explique M. Verrijt. Les grues se dirigent vers le sud et apprécient particulièrement les paysages humides de De Peel, où elles font une halte avant de poursuivre leur voyage. » La situation est d’autant plus préoccupante que les grues sont désormais considérées comme des vecteurs potentiels du virus à travers toute l’Europe.

« La variante semble être une forme agressive. »

Rick Verrijt, forestier de Staatsbosbeheer

Bien que l’on ne puisse pas confiner des oiseaux sauvages comme on le ferait avec de la volaille, les autorités restent attentives à l’évolution de la situation. Pour l’instant, aucune carcasse d’oiseau infecté n’a été découverte à De Peel, ce qui est un signe encourageant, mais la difficulté de surveillance dans les zones reculées rend la tâche complexe.

Une épidémie à De Peel pourrait avoir des conséquences importantes, avec un risque de contamination des oies cendrées et des oies rieuses. Dans le scénario le plus pessimiste, la zone pourrait être temporairement fermée au public pour limiter la propagation du virus et protéger la santé publique.

La situation est également préoccupante dans le Biesbosch, où l’on observe également un passage important de grues. Harm Blom, un autre garde forestier, confirme que les oiseaux migrent principalement vers l’est. Il a récemment rapporté que 21 000 grues avaient été comptées au poste de comptage de Wittem.

M. Blom a pu constater l’ampleur de la crise en Allemagne, où il décrit des scènes poignantes : « Les oiseaux tombent littéralement du ciel, parfois en plein village. Ils sont hébétés ou gisent morts dans les champs. C’est vraiment très triste. » Avec une population estimée à environ 250 000 individus en Europe, les ornithologues craignent un véritable massacre.

Une grue morte a été retrouvée et envoyée pour analyse au centre de soins pour oiseaux de Zundert, mais la cause de son décès n’est pas encore connue. Il est crucial de ne pas toucher les oiseaux morts et de contacter immédiatement un service de secours animalier.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.